Quels appareils peut-on brancher sur une station d’énergie ?

Une station d’énergie ne se choisit pas en watts-heures, elle se choisit en fonction de ce qu’on va brancher dessus. Voici la liste complète des appareils réellement alimentés au quotidien, du smartphone au poêle à granulés, avec leur consommation en marche, leur pic de démarrage et l’autonomie que vous pouvez en attendre.

Station d’énergie portable posée sur une table, reliée à une glacière à compression, un ordinateur portable et une machine à café

Les appareils que l’on branche vraiment, dans l’ordre

Les fiches produit montrent toujours les mêmes photos : un couple souriant, une guirlande, un vidéoprojecteur au bord d’un lac. La réalité du terrain est nettement plus prosaïque. Après dix ans passés à équiper des camping-caristes, des vanlifers, des photographes et des foyers qui subissent des coupures, on retrouve toujours la même hiérarchie.

  1. La recharge USB : smartphone, tablette, montre, casque, batterie externe. L’usage numéro un, dans absolument tous les contextes.
  2. L’ordinateur portable, porté par le télétravail nomade.
  3. La glacière ou le réfrigérateur à compression. C’est l’appareil qui structure tout le dimensionnement, on y revient longuement plus bas.
  4. L’éclairage LED : bandeaux, lanternes, projecteurs de chantier, guirlandes.
  5. La connectivité : box internet, routeur 4G, et de plus en plus Starlink.
  6. La bouilloire et la machine à café, obsession absolue des forums de camping-car.
  7. La ventilation et le chauffage d’appoint, selon la saison.
  8. Les appareils médicaux : appareil de PPC pour l’apnée du sommeil, concentrateur d’oxygène.
  9. L’outillage et les chargeurs de batteries d’outils.
  10. Le poêle à granulés, cas d’usage massif et très français, dont personne ne parle avant sa première coupure d’hiver.

Vient ensuite une longue traîne d’usages spécialisés que l’on détaille en fin d’article : matériel photo et vidéo, astronomie nomade, sondeur de pêche, pompe de relevage, motorisation de portail, sono de rue, aquarium.

Puissance nominale et puissance de crête : la seule notion à comprendre

Si vous ne deviez retenir qu’une chose de cet article, ce serait celle-ci. Une station d’énergie affiche deux nombres qui n’ont rien à voir :

  • La capacité, en watts-heures (Wh) : c’est la taille du réservoir. Elle dit combien de temps vous pourrez alimenter un appareil.
  • La puissance, en watts (W) : c’est le diamètre du tuyau. Elle dit ce que vous pouvez brancher, tout court.

Une station de 2 000 Wh limitée à 300 W de sortie refusera net de démarrer une glacière à compression, alors qu’une station de 500 Wh capable d’encaisser 800 W la fera tourner sans broncher. Le coupable est l’appel de démarrage : au moment où un moteur ou un compresseur se lance, il appelle brièvement trois à dix fois sa puissance de fonctionnement.

400 W45 WPic de démarrage du compresseurmoins d’une secondeRégime établiTempsWatts

Profil de consommation typique d’une glacière à compression de 45 litres : 45 W en régime établi, mais un pic proche de 400 W au démarrage du compresseur.

C’est exactement ce que rapportent les utilisateurs qui mesurent leur matériel : une glacière annoncée à 45 W peut demander près de 700 W pendant une seconde. Une station trop juste se met en sécurité et coupe, sans que rien ne soit défectueux.

⚡ L’astuce du pro Certaines marques proposent une fonction de sur-puissance temporaire, appelée X-Boost chez EcoFlow ou SurgePad chez Anker. Elle permet d’alimenter un appareil résistif (bouilloire, radiateur, sèche-cheveux) dont la puissance dépasse la sortie nominale, en abaissant légèrement la tension. Attention : cette fonction est faite pour les charges qui chauffent, pas pour les moteurs, les compresseurs ni l’électronique sensible. Sur un appareil médical ou une carte électronique de chaudière, on la désactive.

Recharge, éclairage, connectivité : le quotidien qui ne coûte presque rien

C’est la catégorie la plus rassurante : une petite station suffit largement, et l’autonomie se compte en jours plutôt qu’en heures.

  • Smartphone : 5 à 25 W. Une station de 300 Wh assure une quinzaine de recharges complètes.
  • Ordinateur portable : 30 à 90 W en usage réel, avec un chargeur de 65 à 140 W. Un MacBook Air se contente de 30 W, un portable gamer équipé d’une carte graphique dédiée peut monter à 200 W et appeler 330 W en pointe.
  • Éclairage LED : 5 à 50 W. Un bandeau de van consomme moins qu’une seule ampoule à filament d’autrefois.
  • Box internet et ONT fibre : 15 à 30 W en continu. C’est l’appareil le plus rentable à sauvegarder pendant une coupure, parce qu’il permet de garder la téléphonie par internet et l’accès à l’information.
  • Starlink Mini : environ 17 à 20 W en régime établi depuis la mise à jour logicielle de janvier 2026, 15 W au repos, mais un pic de 60 W au démarrage de l’antenne. Une station de 500 Wh le tient une vingtaine d’heures.
  • Starlink Standard (Gen 3) : 40 à 90 W en usage actif, environ 20 W au repos, avec des pointes lors du dégivrage hivernal. Comptez trois fois plus qu’avec le modèle Mini.

Le piège n’est pas la capacité mais le démarrage de l’antenne satellite : une alimentation qui ne passe pas les 60 W de pic donne une Starlink qui « ne s’allume pas », ce qui est l’un des motifs de retour les plus fréquents.

Le froid : glacière à compression, réfrigérateur et congélateur

C’est le sujet. En camping-car comme à la maison, le froid est le premier poste que l’on cherche à sécuriser, et c’est aussi celui qui fait échouer les achats mal dimensionnés.

Les glacières à compression 12 V

Elles consomment beaucoup moins qu’on ne le croit, parce que le compresseur ne tourne pas en continu : il cycle. Sur 24 heures, une bonne glacière de 45 litres se contente de 400 à 600 Wh, soit l’équivalent d’une ampoule LED allumée en permanence.

  • Dometic CFX3 45 : 45 W en 12 V, 55 W en 230 V, pic de 250 à 400 W.
  • Mobicool MCF40 : 45 W, mêmes ordres de grandeur au démarrage.
  • Alpicool CF45 et CX40 : 45 à 55 W, pic de 250 à 400 W.
  • Engel MT45F-S : 32 à 42 W seulement, et surtout un pic de démarrage très faible, autour de 100 à 150 W, grâce à son compresseur Sawafuji à moteur oscillant. C’est le choix des petites stations et des expéditions.
  • Indel B TB41, Vitrifrigo C42i, Dometic CoolMatic CRX 50 : 40 à 50 W, pour les frigos encastrés de van.

Le réfrigérateur et le congélateur de la maison

Un réfrigérateur domestique moderne appelle 70 à 120 W quand son compresseur tourne, ce qui donne une moyenne lissée de 30 à 45 W sur la journée. Le congélateur coffre est du même ordre, autour de 40 à 60 W en moyenne. En revanche, leurs pics de démarrage sont nettement plus violents que ceux d’une glacière 12 V : 600 à 1 300 W selon les modèles et l’âge de l’appareil.

💡 Le saviez-vous ? Un congélateur plein commence à dégeler au bout de 4 à 6 heures sans courant, alors qu’un congélateur à moitié vide tient beaucoup moins longtemps. Remplir les espaces vides avec des bouteilles d’eau congelées augmente gratuitement votre autonomie thermique, et diminue mécaniquement la sollicitation du compresseur quand vous le rebranchez sur une station d’énergie.

Cuisiner sur batterie : ce qui passe et ce qui vide tout

La question du café revient dans absolument tous les fils de discussion. La réponse est oui, mais il faut avoir en tête l’ordre de grandeur : la cuisson électrique, c’est mille à trois mille watts, contre quelques dizaines de watts pour tout le reste.

  • Bouilloire : 2 200 à 3 000 W. Faire bouillir un litre d’eau consomme environ 110 Wh, donc 7 à 8 litres sur une station de 1 000 Wh. C’est brutal en puissance, mais très bref, donc parfaitement acceptable.
  • Machine à capsules : 1 150 à 1 500 W pour une Nespresso, une Senseo ou une Dolce Gusto. Chaque tasse ne coûte que 15 à 20 Wh, ce qui permet une quarantaine de cafés sur 1 000 Wh. La cafetière est donc bien moins gourmande qu’elle n’en a l’air.
  • Plaque à induction portable : les Klarstein VariCook, InnoChef ou les Tefal affichent 2 100 à 3 500 W, mais en usage réel on cuisine entre 1 000 et 1 800 W. Comptez une trentaine de minutes de cuisson par tranche de 1 000 Wh.
  • Micro-ondes : un modèle de 700 W de sortie absorbe en fait 1 100 à 1 300 W, avec un pic de 1 500 à 1 800 W au lancement du magnétron.
  • Airfryer : 1 500 à 1 750 W, une des charges les plus longues à supporter.
  • Mijoteuse : 200 à 320 W seulement. C’est l’appareil de cuisson le plus compatible avec l’énergie nomade, souvent oublié.
⚡ L’astuce du pro Pour le café en itinérance, la solution la plus élégante n’est pas la plus puissante. Une machine 12 V type Handpresso Auto consomme 140 à 170 W, soit dix fois moins qu’une Nespresso, et se branche directement sur la sortie allume-cigare sans passer par l’onduleur. Vous économisez à la fois la conversion et la contrainte de puissance.

Chauffer, ventiler, climatiser : le poste le plus délicat

Produire de la chaleur ou du froid avec de l’électricité stockée est toujours coûteux. Il faut donc distinguer ce qui chauffe vraiment de ce qui ne fait que piloter une autre source d’énergie.

Les bons élèves : les appareils qui pilotent

  • Chauffage stationnaire diesel (Autoterm Air 2D, Webasto Air Top 2000) : 10 à 30 W seulement en marche, car l’électricité ne sert qu’à la pompe et au ventilateur. Le pic est à l’allumage, quand la bougie de préchauffage tire 90 à 110 W pendant deux à cinq minutes.
  • Truma Combi : 30 à 70 W pour l’électronique et la soufflerie en mode gaz.
  • Extracteur de toit type Maxxair MaxxFan Deluxe : 12 à 45 W. Sur une nuit entière, cela reste très raisonnable.
  • Couverture chauffante : 60 à 120 W en 230 V, 40 à 60 W en 12 V. Bien plus efficace que de chauffer l’air d’un volume entier.

Les gouffres : les appareils qui chauffent directement

  • Radiateur soufflant : 2 000 W. Sur une station de 1 000 Wh, vous tenez 25 minutes. Le chauffage électrique d’appoint n’est pas un usage viable sur batterie, sauf en dépannage très ponctuel.
  • Sèche-cheveux : 1 800 à 2 200 W avec un pic à 2 400 W. Fonctionne parfaitement, mais quelques minutes seulement.
  • Climatiseur portable : une EcoFlow Wave 2 consomme 550 à 750 W en production de froid, une Zero Breeze Mark 2 environ 240 W. Une climatisation de toit de camping-car monte à 800 à 1 200 W avec un pic de 2 500 à 3 000 W, ce qui la réserve aux très grosses stations.

Les appareils médicaux : le seul cas où l’on ne bricole pas

C’est l’un des usages qui progresse le plus vite, et celui qui demande le plus de rigueur. Les chiffres ci-dessous proviennent des documentations constructeurs et de mesures publiées.

Appareils de PPC (pression positive continue)

  • ResMed AirSense 10 : 53 W en moyenne, jusqu’à 90 à 104 W en pointe. Le moteur seul, sans humidificateur, tombe entre 25 et 53 W.
  • ResMed AirSense 11 : 9 à 25 W sans humidificateur, 55 à 60 W avec, pour un pic mesuré autour de 72 W. Son bloc secteur est donné pour 65 W.
  • Philips DreamStation : 45 W en moyenne, 80 W en pointe.
  • Löwenstein Prisma, très répandu en Europe : 30 à 40 W sans humidification.
  • Ajouter un tuyau chauffant ajoute 30 à 40 W et fait grimper le total à environ 100 à 105 W.

Le levier d’autonomie est donc évident : couper l’humidificateur chauffant et le tuyau chauffant divise la consommation par trois à cinq. Une station de 1 000 Wh assure quatre à cinq nuits sans humidification, contre moins de deux nuits avec.

Oxygénothérapie

Un concentrateur portable (Inogen One G5, Philips SimplyGo Mini, CAIRE FreeStyle Comfort) consomme 40 à 70 W, avec un pic autour de 100 W. Un concentrateur fixe de 5 litres par minute est d’un tout autre ordre : 280 à 350 W en marche et un appel de 600 à 900 W au démarrage de son compresseur.

💡 Le saviez-vous ? Une station d’énergie destinée à un usage médical doit impérativement délivrer une onde sinusoïdale pure, et non une onde dite modifiée. La fonction onduleur (bascule automatique en moins de 20 millisecondes en cas de coupure) est également déterminante : elle évite d’avoir à se réveiller pour rebrancher l’appareil.

Une précision importante : une station d’énergie est une sécurité de confort, pas un dispositif médical. Si vous dépendez d’un appareil vital, validez le montage avec votre prestataire de santé à domicile, et signalez-vous auprès de votre gestionnaire de réseau électrique, qui tient une liste de clients prioritaires en cas de coupure programmée.

La maison pendant une coupure : les quatre appareils qui comptent vraiment

L’erreur classique consiste à vouloir alimenter toute la maison. Ce n’est ni nécessaire ni pertinent économiquement. Sur une coupure de 8 heures, sécuriser l’essentiel représente environ 2 à 2,5 kWh, ce qui est tout à fait à la portée d’une bonne station d’énergie.

  1. Le congélateur, puis le réfrigérateur : 40 à 60 W en moyenne lissée, mais 600 à 1 300 W d’appel au démarrage.
  2. La box internet : 15 à 30 W. Le meilleur rapport confort sur consommation de toute la liste.
  3. Le poêle à granulés : c’est la grande spécificité française. En régime établi, il ne consomme que 30 à 100 W pour la vis sans fin et les ventilateurs. Mais la bougie d’allumage, une résistance de 300 à 400 W, tire pendant 5 à 15 minutes à chaque démarrage. Une station qui ne passe pas ce pic laisse le poêle en défaut d’allumage.
  4. Le circulateur de chaudière gaz ou fioul : 5 à 45 W sur les pompes modernes à vitesse variable, 50 à 90 W sur les anciennes. Votre chaudière marche au gaz, mais sa carte électronique, son ventilateur et sa pompe ont besoin d’électricité. C’est la mauvaise surprise de la première coupure hivernale.

Viennent ensuite, selon les foyers : la motorisation de portail ou de porte de garage (120 à 250 W en mouvement, jusqu’à 600 W de pointe), la VMC double flux (30 à 90 W), l’aquarium (une pompe de brassage consomme 30 à 75 W et une EcoTech VorTech MP40 se contente de 30 W) et la pompe de relevage de sous-sol, nettement plus vorace avec 400 à 800 W en marche et jusqu’à 2 400 W au démarrage.

Pour comparer les gammes adaptées à ce type de secours domestique, notre sélection de stations d’énergie détaille la puissance de sortie et la présence ou non d’une fonction onduleur, qui est le critère décisif pour la maison.

Usages pro et loisirs : outillage, image, astronomie, plein air

Au-delà du camping et du secours domestique, une station d’énergie sert de prise de courant mobile pour une multitude de métiers et de passions.

Chantier et bricolage

Les chargeurs de batteries d’outils (Makita, DeWalt, Bosch Professional, Milwaukee, Parkside) consomment 60 à 400 W et se rechargent très bien sur une station moyenne. En revanche, les outils filaires sont beaucoup plus exigeants : une scie sur table de 1 850 W appelle 3 000 à 4 500 W au démarrage, un compresseur d’atelier également. C’est le domaine où une puissance de crête généreuse fait toute la différence.

Photo, vidéo et drone

Un hub de charge DJI demande 30 à 100 W, un chargeur d’appareil photo 15 à 30 W, un panneau LED de tournage type Aputure Amaran 100d ou 200x entre 100 et 240 W. Une station de 1 000 Wh couvre confortablement une journée de mariage ou de tournage en extérieur, ce qui explique l’adoption rapide de ces produits chez les photographes.

Astronomie nomade

Un poste complet (monture GoTo, caméra refroidie, mini PC, résistances chauffantes anti-buée) consomme 50 à 80 Wh par heure. Une monture Sky-Watcher EQ6-R Pro demande 12 à 24 W en suivi et jusqu’à 48 W pendant un pointage GoTo simultané sur deux axes. À noter : les résistances chauffantes peuvent représenter la moitié de la consommation totale d’une nuit humide.

Pêche, nautisme et plein air

Un sondeur consomme 12 à 30 W, une enceinte portable 20 à 100 W en charge, un moteur électrique de traîne 200 à 600 W selon le régime. Côté mobilité, la recharge d’une batterie de vélo électrique représente environ 500 Wh, soit une recharge et demie sur une station de 1 000 Wh, avec un chargeur qui appelle 170 à 300 W selon l’ampérage.

Si votre usage principal est l’autonomie longue durée, l’association avec un panneau reste la meilleure réponse : nos panneaux solaires portables permettent de reconstituer 300 à 800 Wh par belle journée d’été.

Ce qu’il ne faut pas brancher, ou seulement en connaissance de cause

Certains appareils sont techniquement compatibles mais économiquement absurdes, d’autres sortent purement et simplement de la plage d’usage.

  • La recharge d’une voiture électrique : en mode 2 sur prise domestique, le câble tire 1 800 à 2 300 W en continu. Une station de 2 000 Wh vous rendra une quinzaine de kilomètres d’autonomie, après avoir perdu de l’énergie dans deux conversions successives. C’est un dépannage d’urgence, pas une solution.
  • Le lave-linge : le moteur ne consomme que 150 à 250 W, mais la phase de chauffe monte à 2 000 à 2 200 W. Un cycle à froid est envisageable, un cycle à 60 degrés non.
  • Le four électrique, la plaque vitrocéramique fixe, le four à céramique de potier : 2 300 à 3 500 W en continu, hors de portée de la quasi-totalité des stations portables.
  • Le poste à souder à l’arc : 3 000 à 5 000 W avec des appels très violents. À réserver aux stations les plus puissantes, et encore.
  • Le chauffe-eau et le sèche-linge : sans objet sur batterie.

Deux pièges plus insidieux méritent d’être signalés. D’abord la double conversion : brancher une glacière 12 V sur la prise 230 V de la station fait passer l’énergie du continu à l’alternatif puis à nouveau au continu, avec 15 à 25 % de perte. Utilisez la sortie 12 V quand elle existe. Ensuite la tension non régulée : certaines sorties allume-cigare voient leur tension chuter avec l’état de charge, ce qui déclenche la protection basse tension de la glacière. Vérifiez que la sortie 12 V est bien régulée avant d’acheter.

Le tableau de référence : consommation de 30 appareils courants

Les autonomies indiquées correspondent à une station de 1 000 Wh, en tenant compte d’un rendement réel d’environ 85 % sur la sortie 230 V.

AppareilEn marchePic de démarrageAutonomie sur 1 000 Wh
Smartphone5 à 25 W30 à 65 Wenviron 45 recharges
Ordinateur portable30 à 90 W65 à 140 W14 heures
Ordinateur portable gamer120 à 200 W240 à 330 W5 heures
Éclairage LED de van5 à 50 Widentiqueplus de 24 heures
Box internet et ONT15 à 30 W40 W40 heures
Starlink Mini17 à 20 W60 W40 heures
Starlink Standard Gen 340 à 90 W100 à 150 W13 heures
Glacière à compression 45 L45 W (20 Wh/h réels)250 à 400 W40 à 50 heures
Glacière Engel (Sawafuji)32 à 42 W100 à 150 W50 à 60 heures
Réfrigérateur domestique40 W en moyenne600 à 1 200 W21 heures
Congélateur coffre50 W en moyenne700 à 1 300 W17 heures
Bouilloire 2 200 W2 200 Widentique7 à 8 litres bouillis
Machine à capsules1 150 à 1 500 W1 600 Wenviron 40 cafés
Machine à café 12 V140 à 170 W200 Wenviron 60 cafés
Plaque à induction portable1 000 à 1 800 W3 100 à 3 500 W30 à 35 minutes
Micro-ondes 700 W1 100 à 1 300 W1 500 à 1 800 W40 minutes
Mijoteuse200 à 320 Widentique3 à 4 heures
Extracteur de toit12 à 45 W60 W30 heures et plus
Chauffage diesel Autoterm ou Webasto10 à 30 W90 à 110 Wplus de 40 heures
Radiateur soufflant2 000 W2 100 W25 minutes
Couverture chauffante60 à 120 W150 W8 à 14 heures
Sèche-cheveux1 800 à 2 200 W2 400 W25 minutes
Climatiseur portable240 à 750 W1 200 W1 à 3 heures
PPC sans humidificateur9 à 25 W72 W4 à 5 nuits
PPC avec humidificateur et tuyau chauffant55 à 105 W105 Wmoins de 2 nuits
Concentrateur d’oxygène portable40 à 70 W100 W15 à 20 heures
Poêle à granulés30 à 100 W300 à 500 W12 heures
Circulateur de chaudière5 à 90 W150 W20 heures et plus
Chargeur de batterie d’outil 18 V100 à 400 W450 W8 batteries de 5 Ah
Scie sur table 1 850 W1 500 à 1 850 W3 000 à 4 500 W30 minutes de coupe
Chargeur de vélo électrique170 à 300 W350 W1,5 recharge complète
Téléviseur LED 43 pouces60 à 100 W150 W10 heures
Console PlayStation 5150 à 220 W350 W4 heures
Poste d’astronomie complet50 à 80 W120 Wune nuit complète
Pompe de relevage400 à 800 W1 500 à 2 400 W1 h 30

La méthode en quatre étapes pour dimensionner sa station

Plutôt que de comparer des capacités dans le vide, procédez dans cet ordre. C’est la méthode que nous utilisons pour conseiller nos clients, et elle évite quatre-vingt-dix pour cent des déceptions.

  1. Listez d’abord vos appareils, pas votre budget. Notez chaque appareil, sa puissance en marche (indiquée sur l’étiquette ou le bloc secteur) et le nombre d’heures d’usage quotidien.
  2. Déterminez votre puissance de crête, c’est-à-dire l’appareil le plus exigeant au démarrage. Si vous avez une glacière à compression et une bouilloire, votre besoin de puissance est fixé par la bouilloire (2 200 W). Si vous n’avez qu’une glacière, 500 à 800 W suffisent. Cette étape détermine le modèle.
  3. Calculez ensuite votre besoin quotidien en watts-heures. Multipliez chaque puissance par son temps d’usage, additionnez, puis ajoutez 25 % pour les pertes de conversion et le vieillissement. Cette étape détermine la capacité.
  4. Ajoutez la recharge. Sans source de recharge, même une grosse station n’est qu’un réservoir fini. Selon votre usage, prévoyez le solaire pour l’autonomie longue durée, l’allume-cigare ou un chargeur d’alternateur pour la route, le secteur pour le secours domestique.

Deux critères qualitatifs viennent compléter ce calcul : la présence d’une fonction onduleur (indispensable pour un poêle à granulés, un appareil médical, un aquarium ou un serveur), et le type de cellules. Les batteries au lithium fer phosphate (LiFePO4) tiennent 3 000 à 6 000 cycles contre 500 à 1 000 pour les anciennes cellules NMC, une différence documentée par les travaux de Battery University sur le vieillissement des accumulateurs lithium.

Pour les usages légers (recharge, éclairage, connectivité), une simple batterie externe de grande capacité suffit souvent et coûte cinq fois moins cher. Pour la route, un chargeur ou booster 12 V complète utilement la panoplie.

Les produits mentionnés dans cet article

Anker Solix C300

Anker Solix C300

229.99€ (1588)

288Wh, deux prises secteur et un port USB-C 140W dans un boîtier ultra-compact et silencieux (25 dB) : la petite station qui recharge même un ordinateur portable.

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EcoFlow Delta 2

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599.00€ (1361)

Avec 1024 Wh extensibles à 3 kWh, 1800 W de sortie et une recharge 0-80 % en 50 min, l'EcoFlow Delta 2 alimente presque tous vos appareils.

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Jackery Explorer 1000 v2

Jackery Explorer 1000 v2

570.45€ (3408)

1070 Wh et 1500 W dans une station compacte et légère : de quoi faire tourner un frigo, une bouilloire ou vos appareils en camping comme en cas de coupure.

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EcoFlow Delta Pro 3

EcoFlow Delta Pro 3

3299.00€ (28)

4096Wh et 4000W de sortie pour alimenter une maison entière, silencieuse (30 dB) et extensible jusqu'à 12 kWh : la station de secours domestique par excellence.

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Questions fréquentes

Oui, sans difficulté. Un réfrigérateur domestique consomme 40 W en moyenne lissée sur la journée, ce qui donne environ 21 heures d’autonomie sur une station de 1 000 Wh. Le seul point de vigilance est le pic de démarrage du compresseur, de 600 à 1 200 W selon les modèles : votre station doit accepter cet appel, même s’il ne dure qu’une fraction de seconde.

Oui, et c’est l’un des usages les plus pertinents en France. En fonctionnement, un poêle à granulés ne consomme que 30 à 100 W pour sa vis sans fin et ses ventilateurs. Il faut en revanche une station capable d’encaisser les 300 à 500 W de la bougie d’allumage pendant 5 à 15 minutes, et idéalement dotée d’une fonction onduleur pour éviter la mise en défaut au moment de la coupure.

Tout dépend de l’humidificateur. Sans humidification ni tuyau chauffant, un appareil moderne consomme 9 à 25 W et une station de 1 000 Wh assure quatre à cinq nuits. Avec humidificateur chauffant et tuyau chauffant, la consommation grimpe à 55 à 105 W et l’autonomie tombe sous les deux nuits. Une onde sinusoïdale pure est indispensable pour ce type d’appareil.

Une bouilloire demande 2 200 à 3 000 W et une plaque à induction portable 1 000 à 1 800 W en usage réel, avec une pointe possible à 3 500 W. Il faut donc une station délivrant au minimum 2 000 W en continu, ou disposant d’une fonction de sur-puissance temporaire adaptée aux charges résistives. Faire bouillir un litre d’eau ne coûte que 110 Wh environ.

Techniquement oui, économiquement non. Un câble de recharge domestique tire 1 800 à 2 300 W en continu, et l’énergie subit deux conversions successives. Une station de 2 000 Wh rendra une quinzaine de kilomètres d’autonomie au mieux. Considérez cela comme un dépannage d’urgence pour rejoindre une borne, jamais comme une solution de recharge régulière.

Sur la sortie 12 V, à condition qu’elle soit régulée. Brancher une glacière 12 V sur la prise 230 V impose une double conversion (continu vers alternatif, puis alternatif vers continu dans la glacière) qui gaspille 15 à 25 % de l’énergie. Vérifiez toutefois que la sortie 12 V de votre station est bien régulée, sinon la chute de tension en fin de charge déclenchera la protection basse tension de l’appareil.

Sources :