65W et un écran : le chargeur allume-cigare qui en fait plus
La plupart des chargeurs allume-cigare se contentent de convertir le 12V du véhicule en USB, sans autre fonction que la charge elle-même. Le Baseus 65W ajoute une brique rare sur ce type de produit : un écran intégré qui renseigne sur l'état de la batterie du véhicule, en plus d'une puissance qui grimpe jusqu'à 65W sur son port principal, au-dessus de ce que proposent les références directes de puissance proche du catalogue.
Le boîtier se branche sur la prise 12V du véhicule et propose un port USB-C et un port USB-A, gérés chacun de façon indépendante par le circuit de contrôle interne. La suite de cet avis détaille ce que chaque chiffre signifie réellement à l'usage.
65W en solo sur l'USB-C, l'échelle PD complète
Le port USB-C repose sur l'échelle Power Delivery 3.0 complète : cinq paliers fixes (5V/3A, 9V/3A, 12V/3A, 15V/3A et 20V/3,25A) plus une plage PPS de 3,6 à 12V/3,25A, jusqu'à environ 39W, pour affiner la tension selon l'appareil branché. Utilisé seul, ce port grimpe donc jusqu'à 65W, un plafond supérieur aux 45W maximum que proposent l'Ugreen 63W et l'Anker 75W sur leur meilleur port, et largement au-dessus des 30W de l'Ugreen 52W.
Ce plafond de 65W ne se lit pas comme une garantie de charge d'ordinateur portable en toutes circonstances : il indique la puissance électrique maximale que le port peut fournir à un appareil capable de la demander correctement, pas le résultat systématique sur n'importe quel appareil branché.
45W + 18W à deux, un palier sous les 65W annoncés
Dès que les deux ports servent en même temps, la donne change : le port USB-C retombe à 45W maximum et le port USB-A à 18W, pour un total de 63W, soit deux watts de moins que la puissance de 65W mise en avant sur la fiche. Le port USB-A, qui peut pourtant atteindre 30W seul, perd donc 40% de sa puissance dès que l'USB-C entre en jeu.
Pour un usage à deux appareils en même temps, un smartphone et une tablette par exemple, 18W sur le second port restent suffisants pour une charge rapide. La limite ne se fait sentir que si les deux appareils branchés sont eux-mêmes gourmands, par exemple deux smartphones réclamant chacun plus de 20W.
PD, QC, SCP, AFC : une compatibilité large
Les deux ports reconnaissent une large gamme de protocoles de charge rapide : Power Delivery 3.0 avec PPS sur l'USB-C, complétée sur les deux ports par Quick Charge 2.0/3.0, AFC, FCP et SCP. Cette couverture dépasse celle de l'Ugreen 63W et de l'Ugreen 52W, limitées à PD/PPS et QC 3.0, avec l'ajout d'AFC et FCP utiles pour les smartphones Huawei et Honor plus anciens, qui ne reconnaissent pas le PD standard.
Un point à nuancer : le sigle QC4.0 associé par endroits à ce chargeur correspond en réalité à la compatibilité PD3.0 plus PPS, la voie par laquelle un appareil QC4.0 négocie en pratique sa charge rapide, plutôt qu'à un bloc matériel QC4.0 distinct. Les circuits internes ne montent qu'à QC2.0/3.0 en dehors de cette voie PD/PPS, une nuance technique qui ne change rien à la compatibilité réelle avec un téléphone récent mais mérite d'être précisée.
Sur le plan pratique, cette large couverture protocolaire signifie surtout que le choix du câble compte davantage que celui du téléphone : un câble USB-C basique, sans les bonnes paires de données, peut brider la négociation PD/PPS et limiter la charge à une vitesse standard, quel que soit le port utilisé.
Un boîtier compact, parmi les plus légers du segment
Le boîtier mesure environ 33,7 mm de diamètre pour 68 mm de long, un format bullet classique qui dépasse légèrement de la prise allume-cigare une fois branché, comme la plupart des chargeurs de cette puissance. Côté poids, le boîtier se situe entre 28 et 29 grammes, une valeur nettement plus basse que les références comparées.
Ce format léger ne s'accompagne d'aucune promesse GaN : contrairement à certains chargeurs secteur, le Baseus 65W n'utilise pas cette technologie et ne la revendique pas non plus, ce qui évite toute promesse non tenue sur ce point précis.
L'écran : moniteur de batterie ou simple gadget ?
C'est la particularité qui distingue le Baseus 65W de toutes les références comparées ici : aucune des trois n'intègre d'écran. Celui du Baseus remplit deux fonctions distinctes, en alternance.
Au repos, sans appareil branché, l'écran affiche la tension de la batterie du véhicule sur une échelle continue, avec une zone rouge sous 11,6V qui marque une batterie faible ou en fin de vie, avant même que la voiture ne peine à démarrer. Dès qu'un appareil est branché, l'affichage bascule vers la tension et l'intensité réellement délivrées par chaque port, utile pour vérifier qu'une charge rapide s'est bien enclenchée plutôt que de deviner à l'aveugle.
Ce n'est donc pas un simple gadget lumineux : la fonction de surveillance de la batterie du véhicule reste utile en dehors de tout usage de charge, et répond à un besoin concret, anticiper une panne de batterie, qu'aucun chargeur allume-cigare classique n'adresse. La réserve porte plutôt sur la lisibilité en plein soleil, jamais précisée par le fabricant, et sur l'absence d'alerte sonore : l'écran informe, il ne prévient pas activement.
À l'intérieur : composants et garantie
Le boîtier associe une coque en plastique et une partie en aluminium pour l'évacuation de la chaleur, avec une section basse en polycarbonate teintée bleu qui laisse passer un rétro-éclairage. À l'intérieur, l'ensemble s'organise autour d'un contrôleur Weipu WP7038 qui pilote les deux ports de façon indépendante, d'un convertisseur Chengxin CX8576 côté USB-A, d'un circuit Polarity PL5501 côté USB-C, d'un transistor Vanguard VS3618AE (30V, 6 milliohms de résistance) et de condensateurs solides 35V/100µF et 25V/100µF. L'ensemble présente des soudures propres et un montage soigné.
Aucun défaut de fabrication récurrent, casse prématurée, faux contact ou écran qui lâche, ne ressort sur ce modèle en dehors de cette réserve sur la durée de garantie.
Protections et certifications
Le contrôleur gère les protections standard attendues sur ce type de produit : surtension, surintensité, surchauffe et court-circuit, avec une gestion de puissance indépendante sur chaque port. Les marquages CE et FCC sont présents directement sur le circuit imprimé, au-delà de la simple mention sur l'emballage.
Deux réserves : aucune certification IP contre la poussière ou l'eau n'est annoncée, un point secondaire pour un usage habitacle mais à surveiller pour un usage utilitaire exposé. Et le sigle UL, parfois cité sur des fiches revendeur, ne fait pas partie des marquages présents sur le circuit lui-même.
Recharger un ordinateur portable : un résultat qui dépend du portable
Le port USB-C affiche 65W en solo, une puissance qui couvre en théorie une bonne partie des ordinateurs portables légers à charge USB-C. Dans les faits, le résultat varie fortement d'un appareil à l'autre. Un MacBook a atteint la pleine puissance de 65W sur ce port. À l'opposé, un Lenovo ThinkPad T14 Gen 1 branché en charge est resté bloqué à 94%, sans gain visible sur la durée de la session.
Cet écart tient à la négociation Power Delivery propre à chaque ordinateur portable, pas uniquement au chargeur : un portable qui ne demande pas le bon palier de tension, ou qui exige un protocole propriétaire en plus du PD standard, peut ne recevoir qu'une charge de maintien, voire aucune, même face à un port capable de fournir davantage. La prise allume-cigare du véhicule elle-même, souvent limitée en courant disponible, et la qualité du câble USB-C utilisé entrent aussi en jeu.
Pour un usage occasionnel de maintien de charge sur un ultrabook léger, le port USB-C rend service. Pour un usage régulier avec un portable puissant, la prudence reste de mise tant qu'une compatibilité précise n'est pas vérifiée pour le modèle concerné.
Face aux Ugreen 63W/52W et à l'Anker 75W
Comment le Baseus 65W se positionne-t-il face aux trois références directes de puissance proche du catalogue ?
| Critère | Baseus 65W | Ugreen 63W | Ugreen 52W | Anker 75W |
|---|---|---|---|---|
| Puissance totale annoncée | 65W | 63W | 52,5W | 75W |
| Meilleur port, seul | 65W (USB-C) | 45W (USB-C) | 30W (USB-C) | 45W (câble/USB-C) |
| Deux ports actifs | 45W + 18W | total 63W | 30W + 22,5W | 45W + 30W |
| Écran intégré | Oui, tension + charge | Non | Non | Non |
| Poids | ≈ 28-29 g | Non communiqué | 57,2 g | 77 g |
| Prix constaté | ≈ 34 € | ≈ 28 € | ≈ 27 € | ≈ 30 € |
Le Baseus 65W se distingue par deux atouts qu'aucune des trois références n'offre à la fois : un plafond de puissance plus haut sur son meilleur port, et un écran fonctionnel. Il reste le plus cher des quatre, et sa répartition à deux ports actifs (45W plus 18W) n'égale pas la transparence de l'Ugreen 52W ou de l'Anker 75W, dont les totaux combinés correspondent exactement à la somme de leurs deux ports.
Le catalogue référence également l'Iniu 90W, une autre option de ce segment de prix accessible avec deux ports USB-C et un écran de tension annoncé, pour un tarif plus bas. Ce produit n'a pas encore fait l'objet d'un avis dédié sur ce site et ne peut donc pas être comparé ici sur des bases équivalentes.
À qui s'adresse le Baseus 65W
Le Baseus 65W convient d'abord à qui veut à la fois un port de charge rapide puissant et un moyen simple de surveiller la santé de la batterie du véhicule, un usage utile pour un véhicule ancien ou peu utilisé. Pour un budget plus serré sans écran, l'Ugreen 52W reste une option correcte à deux smartphones. Pour un câble toujours intégré et une répartition à deux ports plus généreuse, l'Anker 75W vise le même budget avec une autre logique. Pour un ordinateur portable gourmand en usage régulier, aucune des références comparées ici, Baseus compris, ne garantit une charge fiable : mieux vaut vérifier la compatibilité exacte du portable avant achat, ou réserver la charge secteur classique une fois arrivé à destination.



