20000 mAh, 74 Wh : ce que cache la conversion
Sur la boîte, un seul chiffre domine : 20000 mAh. Sunslice le convertit lui-même dans sa fiche technique en une valeur plus utile, 74 Wh, à une tension de pack de 3,7 V. Le calcul est simple et vérifiable : 20000 mAh multipliés par 3,7 V donnent 74000 mWh, soit 74 Wh tout rond. Beaucoup de fabricants du secteur retiennent 3,6 V pour ce même calcul, ce qui aurait donné un chiffre légèrement inférieur ; Sunslice ne gonfle donc pas artificiellement son énergie annoncée par un choix de tension favorable.
Ce chiffre de 74 Wh a une conséquence concrète pour qui voyage : la limite généralement appliquée pour emporter une batterie externe en cabine, sans autorisation préalable, est fixée à 100 Wh. La Gravity 20 passe avec une marge confortable de 26 Wh, largement suffisante pour ne jamais se retrouver à devoir justifier l'appareil à un contrôle. Les batteries lithium restent de toute façon interdites en soute, quelle que soit leur capacité.
Reste la question la plus concrète pour l'acheteur : combien de charges de smartphone cela représente-t-il réellement ? Sunslice annonce jusqu'à six charges complètes. Un smartphone récent stocke généralement entre 12 et 20 Wh selon le modèle ; compte tenu des pertes de conversion habituelles sur ce type d'appareil, six charges complètes sur 74 Wh reste une annonce cohérente pour les téléphones les plus sobres du marché, plus optimiste pour les plus gros modèles.
18 W sur trois ports : la promesse et ce qu'elle ne dit pas
La Gravity 20 propose trois sorties actives, un port USB-C compatible Power Delivery et deux ports USB-A compatibles Quick Charge 3.0, chacune donnée pour 18 W au maximum. Sunslice va plus loin dans sa communication commerciale et annonce la possibilité de charger jusqu'à trois appareils à la fois «à pleine vitesse». C'est une promesse généreuse : cela suppose que la batterie sache délivrer jusqu'à 54 W cumulés sur ses trois sorties en même temps, soit trois fois la puissance de son unique entrée de recharge.
Rien dans les spécifications publiées par Sunslice ne détaille comment cette puissance se répartit réellement lorsque les trois ports servent en même temps. Plusieurs concurrentes publient un tableau précis de répartition port par port dès qu'un deuxième ou un troisième appareil se branche ; ce n'est pas le cas ici. Cette absence n'est pas la preuve d'un problème, seulement d'un manque de transparence sur un point que la fiche marketing met pourtant en avant. À défaut d'une spécification détaillée, mieux vaut ne pas bâtir un usage de groupe autour de l'hypothèse de 18 W simultanés garantis sur les trois sorties à la fois.
Pour un usage à un ou deux appareils, en revanche, la promesse est plus facile à tenir : 18 W en USB-C avec Power Delivery couvre une charge rapide standard de smartphone, et le protocole Quick Charge 3.0 des deux ports USB-A assure une large compatibilité avec les téléphones Android plus anciens qui ne géraient pas encore le PD.
Remplir les 74 Wh : ce que Sunslice ne dit pas
L'entrée de charge de la Gravity 20 se limite, comme chacune de ses trois sorties, à 18 W maximum via le port USB-C. Sunslice ne publie aucune durée de charge complète pour ce modèle. À titre de calcul, et à puissance constante de 18 W du début à la fin, remplir les 74 Wh du pack demanderait un peu plus de quatre heures ; en pratique, le courant accepté par une cellule lithium diminue progressivement en fin de charge, ce qui allonge encore ce délai au-delà de cette estimation théorique.
Ce plafond de 18 W place la Gravity 20 loin derrière les batteries plus récentes du marché, dont certaines dépassent 60 voire 100 W en entrée et se remplissent en une heure ou moins. Pour un usage de secours occasionnel, la différence importe peu. Pour qui doit reconstituer sa réserve d'énergie pendant une courte pause, sur la route ou entre deux activités, l'écart se fait sentir.
Le câble fourni se branche en USB-C, et la batterie accepte aussi bien un chargeur secteur classique qu'un panneau solaire Sunslice Fusion Flex, voir plus loin sur ce dernier point. Aucune indication n'est donnée sur la durée de vie en nombre de cycles de charge, une donnée que la plupart des grandes marques du secteur publient désormais et que Sunslice garde pour elle sur ce modèle.
400 grammes pour 140 x 69 x 26 mm : ni la plus légère, ni la plus lourde
Sur la balance, la Gravity 20 affiche 400 grammes pour un gabarit de 140 x 69 x 26 mm, soit un pavé plus large qu'un smartphone mais qui se glisse sans problème dans une poche de sac à dos. Rapportée à ses 74 Wh, sa densité s'établit à un peu plus de 5,4 grammes par Wh stocké.
Face à trois batteries de 20000 mAh vendues à un tarif indicatif proche, la Gravity 20 se situe au milieu du classement : plus lourde que le Baseus Bipow Pro 20000mAh et l'Anker Zolo 20000, plus légère que le Xiaomi Redmi 20000mAh.
Le boîtier est entièrement en plastique avec une face texturée, sans partie métallique apparente. Un seul point d'accroche est présent sur la tranche, suffisant pour un mousqueton mais moins pratique qu'une poignée intégrée sur les plus gros modèles de la catégorie.
La lampe LED, un atout que ses rivales n'ont pas
Quatre LED témoins indiquent le niveau de charge restant par palier de 25 %, une solution plus sommaire qu'un écran numérique affichant le pourcentage exact, mais suffisante pour savoir en un coup d'œil s'il reste assez d'énergie pour la nuit. Sunslice y ajoute une lampe LED intégrée, utile en camping, en bivouac ou en cas de coupure de courant à la maison.
Cette lampe fait une vraie différence face aux trois concurrentes directes de même capacité citées plus haut : ni le Baseus Bipow Pro, ni l'Anker Zolo 20000, ni le Xiaomi Redmi 20000mAh n'en proposent une. Pour un usage extérieur, c'est un argument concret, pas un gadget marketing : une lampe de secours toujours présente dans le même boîtier que la réserve d'énergie évite d'avoir à emporter un accessoire de plus.
Côté câble, un cordon de charge est fourni dans la boîte, mais aucun câble n'est intégré ou rétractable au boîtier lui-même, contrairement à des modèles plus récents et plus chers de la catégorie supérieure. Un câble USB-C standard suffit pour l'utiliser au quotidien, ce qui simplifie au moins son remplacement en cas de perte ou d'usure.
Étanche ? Non, à ne pas confondre avec la version Extreme Pro
La notice de la Gravity 20 se limite à une mise en garde contre l'exposition à la pluie et à l'eau ; aucun indice de protection IP n'est publié pour ce modèle. Une précision utile, car Sunslice commercialise en parallèle une «Gravity 20 Extreme Pro», un boîtier distinct, plus grand et plus lourd, présenté comme résistant aux chocs et à l'eau. Les deux produits partagent une partie de leur nom commercial, ce qui peut prêter à confusion au moment de l'achat.
Pour la version décrite ici, celle que référence le catalogue, la prudence s'impose donc en extérieur : une averse légère sur un boîtier fermé ne pose généralement pas de problème immédiat, mais une immersion ou une exposition prolongée à la pluie battante sort du cadre d'usage prévu par le fabricant.
C'est une limite honnête plutôt qu'un défaut caché : Sunslice ne revendique pas une résistance sur ce modèle précis, et réserve cet argument à la version Extreme Pro, vendue plus cher. Pour un usage en randonnée ou en bivouac, ranger la batterie dans une poche fermée ou un sac étanche reste le réflexe le plus sûr, quel que soit le modèle.
Compatible panneaux solaires : la promesse et le calcul réel
La Gravity 20 se recharge via son port USB-C, ce qui la rend compatible avec les panneaux solaires pliables Sunslice de la gamme Fusion Flex, sans adaptateur ni accessoire supplémentaire. C'est un vrai argument d'écosystème, absent chez les trois concurrentes directes citées dans ce dossier.
Un calcul simple permet de situer ce que cela signifie en usage réel. Le Fusion Flex 12W, le modèle d'entrée de la gamme, délivre 12 W en conditions optimales. Pour reconstituer les 74 Wh de la Gravity 20 depuis une batterie vide, il faudrait, à puissance constante et en plein soleil sans interruption, un peu plus de six heures. Ce chiffre est un plancher théorique : un panneau souple posé au sol ou sur un sac à dos ne conserve que rarement un angle optimal face au soleil, et sa production chute nettement dès qu'un nuage passe. Sur une journée de randonnée réelle, reconstituer une charge complète par ce seul moyen demande donc probablement de répartir ce calcul sur plusieurs heures d'ensoleillement cumulées, pas une séance continue.
Sunslice recommande d'ailleurs, pour ses panneaux Fusion Flex, de les brancher sur une batterie externe plutôt que directement sur un téléphone, précisément pour lisser ces variations de production. La Gravity 20 joue exactement ce rôle d'intermédiaire dans l'écosystème de la marque, une cohérence de gamme qui a du sens pour qui possède déjà ou envisage un panneau Sunslice, mais qui n'apporte rien à qui n'en a pas l'usage.
Sunslice, une marque belge spécialisée sur un marché de niche
Sunslice est une entreprise belge fondée en 2017 à Ottignies-Louvain-la-Neuve par deux ingénieurs, Geoffroy Ghion et Henri Gernaey, partis d'un projet de chargeur solaire de la taille d'une carte bancaire conçu pendant leurs études. La marque s'est depuis spécialisée dans les panneaux solaires pliables et les batteries externes associées, avec une petite équipe et une conception revendiquée en Belgique, tandis que la fabrication est réalisée en Chine, une partie de l'assemblage manuel étant confiée à la Tunisie.
Ses produits sont aujourd'hui distribués dans plusieurs dizaines de magasins spécialisés et généralistes à travers l'Europe, notamment via des enseignes d'articles de sport et de randonnée. Cette distribution en boutique physique, plutôt que le seul canal en ligne, est un signal de sérieux pour une marque de cette taille.
La Gravity 20 est couverte par une garantie de deux ans, la durée standard de la catégorie. Le service après-vente passe généralement par le revendeur auprès duquel l'appareil a été acheté plutôt que directement par Sunslice. Aucun rappel produit ni problème de sécurité n'est signalé pour ce modèle à ce jour.
Face à Baseus, Anker et Xiaomi : ce qui justifie l'écart de prix
Sur le segment des batteries de 20000 mAh vendues autour de 25 à 45 euros, la Gravity 20 affronte une concurrence dense. Trois modèles de capacité identique ou très proche se disputent le même rayon : le Baseus Bipow Pro 20000mAh, nettement moins cher ; l'Anker Zolo 20000, plus puissant ; et le Xiaomi Redmi 20000mAh, l'option la plus accessible.
| Critère | Sunslice Gravity 20 | Baseus Bipow Pro | Anker Zolo 20000 | Xiaomi Redmi |
|---|---|---|---|---|
| Capacité | 20000 mAh (74 Wh) | 20000 mAh (76 Wh) | 20000 mAh | 20000 mAh |
| Puissance max | 18 W | 22,5 W | 30 W | 18 W |
| Poids | 400 g | ≈ 340 g | ≈ 353 g | ≈ 434 g |
| Lampe LED | Oui | Non | Non | Non |
| Écosystème solaire | Oui | Non | Non | Non |
Le Baseus Bipow Pro l'emporte sur le prix et affiche même deux Wh de plus sur le papier. L'Anker Zolo 20000 délivre 30 W, presque le double, pour un poids très proche. Le Xiaomi Redmi reste l'option la plus abordable, au prix d'un boîtier sensiblement plus lourd. Aucune des trois, en revanche, n'offre de lampe intégrée ni de compatibilité avec un écosystème solaire.
La Gravity 20 ne gagne donc ni sur le prix ni sur la puissance brute. Son argument tient à la combinaison lampe plus solaire, un choix cohérent pour qui équipe déjà son sac de randonnée en matériel Sunslice, plus discutable pour qui cherche uniquement la charge la plus rapide au tarif le plus bas.
Randonnée, van, dépannage familial : à qui elle convient
En randonnée itinérante ou en bikepacking, la Gravity 20 correspond bien à l'usage visé par Sunslice : reconstituer sur plusieurs jours la charge d'un téléphone, d'un compteur GPS ou d'une lampe frontale, avec l'appoint éventuel d'un panneau Fusion Flex les jours de beau temps. Sa lampe intégrée rend service au bivouac sans accessoire supplémentaire à emporter.
En famille ou en groupe, ses trois ports actifs permettent de dépanner plusieurs appareils dans la même sortie, même si mieux vaut ne pas compter sur 18 W garantis simultanément sur chacun d'eux. En van aménagé ou en cas de coupure de courant à domicile, elle joue le rôle d'une réserve de secours simple, sans prétention à remplacer une vraie station électrique à sortie secteur, qu'elle n'a de toute façon jamais promis d'être.
Elle convient à qui cherche une réserve d'énergie honnête pour le téléphone et les petits appareils USB, apprécie une lampe intégrée plutôt que de l'emporter à part, et envisage à terme un panneau solaire de la même marque.
Elle convient moins à qui recharge régulièrement un ordinateur portable ou plusieurs appareils gourmands à la fois, cherche la charge la plus rapide du marché, ou compte l'exposer souvent à la pluie sans protection supplémentaire.



