Un AC+ qui n'est ni l'AC ni le Pro : trois appareils à ne pas confondre
Le nom prête à confusion, et la confusion coûte cher au moment de l'achat. Le SolarFlow 2400 AC+ (référence ZDSF2400AC+, présenté en février 2026) est un bloc unique : un onduleur bidirectionnel de 2400 W et une batterie LiFePO4 de 2400 Wh (50 Ah sous 48 V), dans un boîtier de 326 x 294 x 251 mm pour 27,8 kg. Il se branche sur une prise secteur et ne possède aucune entrée pour panneaux : il ne stocke que du courant alternatif, soit le surplus d'une installation solaire déjà en place, soit l'électricité du réseau quand elle est bon marché.
Le SolarFlow 2400 AC qui l'a précédé est un produit différent : un onduleur vendu sans stockage, associé à des modules AB3000X qui ne se montent pas sous l'AC+. Le SolarFlow 2400 Pro partage le boîtier et l'électronique de l'AC+, mais ajoute quatre entrées solaires MPPT. Les chiffres de cet avis ne valent que pour l'AC+.
| Critère | 2400 AC+ (ce produit) | 2400 AC | 2400 Pro |
|---|---|---|---|
| Batterie de base | 2400 Wh intégrés | Aucune, modules AB3000X en sus | 2400 Wh intégrés |
| Entrée solaire directe | Aucune (couplage AC) | Aucune (couplage AC) | 4 MPPT, 3000 W |
| Modules d'extension | AB3000L (AB1000 et AB2000 selon le manuel) | AB3000X | AB3000L |
| Capacité maximale | 16,8 kWh (5 modules) | 17,28 kWh (6 modules) | 16,8 kWh (5 modules) |
Rendement : environ 88 % à 800 W, loin des 93 % annoncés
Zendure annonce jusqu'à 93 % de rendement aller-retour sur le courant alternatif, grâce à des semi-conducteurs au carbure de silicium. Sur des cycles complets de 10 à 100 % avec 800 W en charge puis en décharge, le chiffre ressort à 87,3, 88,2, 88,7 puis 88,4 %, soit environ 88 %. L'écart de cinq points avec la fiche représente une cinquantaine de wattheures perdus pour chaque kWh stocké.
Ce chiffre ne dit pas tout, car l'onduleur consomme une puissance quasi fixe : plus la puissance appelée est faible, plus cette consommation pèse. En régulation zéro injection, quand la batterie ne délivre que 100 à 200 W, le rendement tombe entre 78 et 82 %. C'est un régime courant la nuit, donc celui qui compte pour l'économie réelle. L'appareil travaille le mieux quand on le fait travailler fort, par exemple en le vidant sur quelques heures aux tarifs de pointe ou en profitant de prix négatifs.
En veille, l'appareil consomme environ 3 W quand il s'alimente sur sa propre batterie, et moins d'un watt quand le réseau y pourvoit : à 3 W en continu, cela représente de l'ordre de 25 kWh par an. L'arrêt complet supprime cette consommation, et l'activation de la prise de secours l'augmente. À titre de repère, l'ancien SolarFlow 2400 AC, à onduleur séparé, se situe un peu plus bas, entre 86 et 87 %.
2400 W sur la fiche, 800 W à la prise
La puissance de 2400 W qui fait l'argument commercial n'est pas disponible à la sortie de la boîte. L'appareil est livré avec une injection bridée à 800 W sur le réseau, et le manuel liste des plafonds par pays pour rester dans le cadre des kits prêts à brancher : 800 W en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas et en Autriche, 900 W en France, 600 W en Suisse, 350 W en Italie. Pour dépasser ce plafond, il faut un circuit dédié contrôlé par un électricien, puis confirmer dans l'application, par une déclaration signée, que ce contrôle a eu lieu. Le constructeur n'engage sa responsabilité que sur la qualité et la sécurité de l'appareil, pas sur l'installation.
Trois autres chiffres encadrent ces valeurs : la batterie accepte 2400 W en charge comme en décharge, l'entrée alternative supporte jusqu'à 3200 W, et la prise de secours délivre 3200 W tant que le réseau est présent, 2400 W venant de la batterie et le reste du secteur. Ce dernier palier n'a rien à voir avec l'injection : il sert à alimenter un appareil gourmand directement sur l'unité.
Le plafond de 800 W change la façon de lire la fiche : en soirée, un four, une plaque et un lave-linge dépassent largement ce seuil, et l'appoint vient alors du réseau. Les 2400 W s'adressent à ceux qui acceptent de faire poser un circuit dédié, avec un coût d'électricien qui s'ajoute à celui de l'appareil.
Pilotage : un compteur indispensable, ZENKI encore inégal
Sans compteur communicant, l'AC+ suit un plan fixe de charge et de décharge, 200 W par défaut. Pour ajuster la décharge à la consommation du logement, il faut un compteur compatible : Smart Meter 3CT-S ou 1CT-S de la marque (raccordés au port RJ45, qui est un port RS485 et non une prise réseau), Shelly Pro 3EM ou EverHome EcoTracker. Dans l'offre du constructeur, le 3CT-S ajoute 129 € à l'unité et le 1CT-S 85 €.
| Mode | Principe | Prérequis |
|---|---|---|
| Auto | Priorité au compteur, puis à la prise connectée, puis au plan de base ; suit les prix si un tarif dynamique est saisi | Compteur recommandé |
| ZENKI | Prévisions météo, historique de consommation et prix de l'électricité (plus de 840 fournisseurs européens) | Connexion Internet, compteur, environ une semaine d'apprentissage |
| Expert | Quatre sous-modes : compteur, prise connectée, charge de base (10 plages), tarif de l'électricité à seuils | Réglages manuels |
Les décisions de ZENKI restent parfois difficiles à justifier : charge depuis le réseau alors que le surplus solaire du lendemain est annoncé, décharge à un tarif peu élevé, ou charge de nuit en heures creuses qui ne laisse plus de place au soleil du matin. Le mode Auto, plus prévisible, est le choix le plus sûr pour qui n'a pas de contrat dynamique. En France, hors quelques offres préenregistrées, les tarifs et les plages d'heures creuses se saisissent à la main.
La régulation est rapide, de l'ordre de quelques secondes, mais elle garde volontairement une marge d'environ 50 W autour de zéro pour ménager le relais. Un petit export résiduel subsiste donc, surtout visible l'hiver. Sur une nuit de six heures, l'import cumulé reste de l'ordre de 20 à 40 Wh avec un compteur Shelly ou le lecteur D0 de la marque, pour un export inférieur à 15 Wh. Cette marge est propre au gestionnaire du constructeur : elle peut être évitée en pilotant l'appareil par l'API locale ou le MQTT, avec Home Assistant par exemple.
Reste la dépendance au cloud : l'application passe par les serveurs du constructeur, ZENKI a besoin d'une connexion pour récupérer les prix et la météo, et l'appareil n'accepte que le Wi-Fi 2,4 GHz. Sans connexion, il retombe sur des règles locales moins fines. Une API locale (HTTP) et une intégration Home Assistant officielle, branchable sur un courtier MQTT local, permettent de s'en affranchir pour qui sait les configurer. Le constructeur n'affiche aucun prix d'abonnement pour le HEMS ni pour ZENKI, et a promis en 2025 que ses fonctions resteraient gratuites pendant la garantie de chaque appareil, soit dix ans pour l'AC+.
De 2,4 à 16,8 kWh : ce que coûte l'extension
La capacité de base de 2,4 kWh est juste pour une soirée complète : elle couvre un foyer économe, pas une famille qui cuisine à l'électricité. L'extension passe par des modules AB3000L de 2,88 kWh qui s'empilent sous l'appareil, se reconnaissent automatiquement et montent jusqu'à cinq, soit 16,8 kWh. La puissance reste de 2400 W quel que soit le nombre de modules : les 16,8 kWh se vident en environ sept heures à pleine puissance, contre moins d'une heure pour l'unité seule.
Côté compatibilité, le constructeur déclare aussi compatibles les modules AB1000 et AB2000, mais ne recommande que l'AB3000L : les autres modèles ne s'ajustent pas aux dimensions de l'appareil, et l'assistance après-vente peut être limitée pour une configuration non recommandée. L'AB3000X de l'ancien 2400 AC ne s'emboîte pas.
Au 9 octobre 2026, l'unité de 2,4 kWh est affichée 839 € chez le constructeur, en stock, et chaque module 659 €. Le coût du kWh de la configuration complète descend à 246 €, un niveau attractif pour du stockage à couplage alternatif, mais la capacité de départ reste le poste le plus cher au kWh (350 €).
| Configuration | Capacité | Prix | Prix par kWh |
|---|---|---|---|
| Unité seule | 2,4 kWh | 839 € | 350 € |
| Unité + 1 module | 5,28 kWh | 1498 € | 284 € |
| Unité + 2 modules | 8,16 kWh | 2157 € | 264 € |
| Unité + 3 modules | 11,04 kWh | 2816 € | 255 € |
| Unité + 4 modules | 13,92 kWh | 3475 € | 250 € |
| Unité + 5 modules | 16,8 kWh | 4134 € | 246 € |
La prise de secours : puissante, mais pas un onduleur sans coupure
La prise Schuko latérale est désactivée par défaut et s'active depuis l'application. Elle délivre 2400 W en continu et jusqu'à 3600 W pendant 200 ms au démarrage d'un appareil ; avec le réseau présent, elle monte à 3200 W, l'appoint venant du secteur. Elle accepte aussi, en entrée, un micro-onduleur de 2400 W au plus pour charger la batterie, uniquement quand l'appareil est relié au réseau. Un générateur thermique ne doit jamais s'y raccorder. Quand le réseau disparaît, elle bascule sur la batterie.
Trois limites à connaître. D'abord, aucun temps de bascule n'est garanti : le manuel n'en donne pas et le constructeur ne présente pas l'appareil comme un onduleur de secours sans coupure (UPS). Un ordinateur de bureau ou un serveur doit garder sa propre protection. Ensuite, seuls les appareils branchés sur cette prise sont secourus, pas le reste du logement. Enfin, l'autonomie fond vite : à 2400 W, les 2,4 kWh de l'unité durent moins d'une heure.
Le mode Normal laisse la prise active en permanence et grignote la batterie ; le mode Eco la met en veille après deux heures sans charge. Activer la prise augmente la consommation de veille, et la batterie peut alors descendre sous la réserve réglée. Réfrigérateur, box, éclairage et ordinateur portable tiennent sans difficulté ; une plaque à induction ou un chauffe-eau vident la batterie très vite.
Installation et conformité : ce qui change en France
L'installation matérielle se règle en une dizaine de minutes : poser les 27,8 kg de l'appareil (deux poignées latérales), brancher son câble secteur de 3 m sur une prise murale reliée à la terre, l'associer à l'application et laisser le firmware se mettre à jour. Le compteur, dont les pinces se logent dans le tableau électrique, demande de son côté une demi-heure à une heure. L'appareil se place à l'intérieur comme à l'extérieur (IP65), à l'abri du soleil direct et de la pluie, avec l'antenne à 15 cm au moins du mur et les dégagements du manuel autour des ailettes arrière.
En France, le manuel fixe à 900 W le plafond d'injection du mode prêt à brancher, au lieu des 800 W de l'Allemagne ou de la Belgique, et l'application l'applique selon le pays choisi. Au-delà, l'installation sort du cadre du kit : circuit dédié contrôlé par un électricien, raccordement possible directement au disjoncteur, puis confirmation signée dans l'application. Le manuel rappelle que le système est raccordé au réseau et qu'il revient à l'utilisateur de vérifier ce qui est autorisé chez lui. Les formalités auprès du gestionnaire de réseau (déclaration auprès d'Enedis, attestation Consuel) dépendent du mode de raccordement et de la présence d'une batterie : le constructeur ne les fixe pas, et il vaut mieux les faire valider par écrit avant l'achat.
Pour l'empilement, le manuel recommande de solidariser l'appareil et ses modules avec les supports et les vis fournis. Le constructeur a publié en mai 2026 un avis de sécurité sur l'ancien 2400 AC, dont les bornes peuvent s'échauffer quand l'ensemble n'est pas posé bien à plat ; l'AC+ n'est pas visé, mais vérifier l'aplomb de la pile et serrer les fixations vaut ici aussi.
Silence, chaleur, sécurité et garantie
Le boîtier métallique à ailettes fait office de radiateur : aucun ventilateur, donc aucun bruit hormis le claquement du relais à chaque démarrage ou arrêt de charge. Après deux heures de charge à 800 W, le point le plus chaud (la face arrière) atteint 33 °C, les autres points restant entre 25 et 31 °C. L'indice IP65 vaut pour le boîtier ; la prise de secours n'est pas étanche en service ni capot ouvert.
ZenGuard réunit trois niveaux de protection : un BMS double (local, avec un suivi de santé des cellules dans le cloud), une soupape de surpression mécanique et un module d'extinction à aérosol qui se déclenche vers 170 °C. La batterie se réchauffe seule par temps froid (décharge de -20 °C à 55 °C, charge à partir de 0 °C) et la décharge s'arrête à 5 % de charge.
La garantie est de dix ans pour l'appareil comme pour les modules AB3000L, avec 6000 cycles annoncés et une durée de vie jusqu'à quinze ans. La clause des cellules mérite lecture : elle tombe si la batterie n'est pas chargée à fond dans les 30 jours suivant la réception, puis rechargée au moins une fois tous les trois mois. Le retour sans défaut reste possible sous 30 jours, mais les frais de transport de ce type d'appareil, annoncés entre 150 et 250 € par le constructeur, restent à la charge de l'acheteur.
Le recul est de huit mois, et le firmware garde des défauts de jeunesse. La réserve de décharge réglée n'est pas toujours respectée lors des premiers cycles : la batterie peut finir à 2 ou 5 % alors que la réserve est de 15 ou 10 %, ce qui impose de surveiller les premiers jours. Dans un cas isolé, elle reste bloquée à 8 %, avec une mise à jour qui exige 10 % de charge pour s'installer. L'erreur 52 (« tension réseau trop basse », affichée alors que la tension est normale) a conduit dans un cas isolé à l'échange des appareils par le constructeur. Aucun rappel de ce modèle n'a été annoncé à ce jour. Le constructeur a en revanche connu un incendie sur l'AiO 2400 en 2025, dont il écarte les cellules, et l'avis de sécurité de mai 2026 sur l'ancien 2400 AC : ces deux produits sont distincts de l'AC+, mais ils pèsent sur la confiance de marque.
Face aux autres batteries de balcon
Face aux autres batteries de balcon, l'AC+ se distingue d'abord par sa puissance alternative : 2400 W, contre 1000 à 1200 W pour la Hoymiles et les deux modèles à MPPT, seul le Marstek le dépassant d'un cheveu (2500 W). Son prix de départ est inférieur à ceux de l'Anker et de l'EcoFlow, qui reprennent l'avantage dès qu'il faut raccorder des panneaux sans micro-onduleur grâce à leurs entrées solaires.
| Critère | Zendure SolarFlow 2400 AC+ | Hoymiles HiBattery 1920 AC | Marstek Venus E 3.0 | Anker Solix Solarbank 3 E2700 Pro | EcoFlow Stream Ultra X |
|---|---|---|---|---|---|
| Capacité de départ | 2,4 kWh | 1,92 kWh | 5,12 kWh | 2,69 kWh | 3,84 kWh |
| Capacité maximale | 16,8 kWh | 11,52 kWh | Non extensible | 16,13 kWh | 23,04 kWh |
| Puissance AC maximale | 2400 W | 1000 W | 2500 W | 1200 W | 1200 W |
| Entrée solaire directe | Aucune | Aucune | Aucune | 4 MPPT, 3600 W | 4 MPPT, 2000 W |
| Poids | 27,8 kg | 24 kg | 60 kg | 29,2 kg | 39 kg |
| Prix du catalogue | 839 € | 799 € | 1249 € | 1149 € | 1099 € |
| Prix par kWh de départ | 350 € | 416 € | 244 € | 427 € | 286 € |
La Hoymiles est la moins chère mais la moins puissante, et son extension s'arrête à 11,52 kWh. Le Marstek offre le kWh le moins cher, mais sa capacité est fixe et son poids de 60 kg le rend difficile à déplacer. Face au seul concurrent de puissance comparable en couplage alternatif, le Marstek, l'AC+ gagne en extensibilité et pèse moitié moins (27,8 kg contre 60 kg), mais offre deux fois moins de capacité au départ.
À qui s'adresse l'AC+, et à qui il ne convient pas
L'AC+ s'adresse d'abord à qui possède déjà des panneaux et un onduleur ou des micro-onduleurs, veut stocker le surplus sans toucher au câblage solaire et a un compteur communicant à portée. Il convient aussi à un logement sans panneaux mais avec un contrat à tarif dynamique, puisque la charge peut se faire sur le réseau. Un micro-onduleur de kit de balcon peut même se brancher sur sa prise latérale.
Il convient moins à qui veut brancher des panneaux en direct (le SolarFlow 2400 Pro est conçu pour cela), à qui attend un secours sans coupure pour du matériel sensible, ou à qui exige un zéro injection au watt près sans passer par l'API locale. Il convient mal enfin à qui espère exploiter les 2400 W sans électricien.
Un conseil d'achat concret : démarrer avec l'unité seule et le compteur, vérifier le comportement des premiers cycles (réserve de décharge, application et firmware à jour), puis ajouter les modules AB3000L quand le besoin de capacité est confirmé. Les modules de l'ancien 2400 AC ne servent à rien ici.




