Pro Max, Pro, Pro Max AC : trois produits sous un même nom
Le SolarVault 3 Pro Max (référence JS3-2500PMA-GY) est la version hybride haut de gamme de la série SolarVault 3 de Jackery, lancée en mars 2026 : une batterie LiFePO4 de 2520 Wh, un onduleur bidirectionnel et quatre régulateurs MPPT réunis dans un boîtier IP65 de 26,5 kg. Deux produits voisins portent un nom presque identique sans se confondre avec lui : le SolarVault 3 Pro (JS3-2500PA-GY), dont la sortie CA plafonne à 1200 W, et le Pro Max AC (JS3-2500PMB-GY), qui garde la sortie de 2500 W mais supprime les entrées solaires pour se brancher derrière une installation existante.
| Critère | SolarVault 3 Pro Max | SolarVault 3 Pro |
|---|---|---|
| Référence | JS3-2500PMA-GY | JS3-2500PA-GY |
| Sortie CA maximale | 2500 W | 1200 W |
| Bypass réseau | 3680 W | 2300 W |
| Secours hors réseau | 1600 W seul, 2500 W avec une batterie additionnelle | 1200 W |
| Entrée solaire directe | 4000 W, 4 MPPT | 4000 W, 4 MPPT |
| Poids | 26,5 kg | 25,5 kg |
La charge directe par les panneaux est la seule différence matérielle entre le Pro Max et le Pro Max AC : le Pro Max se justifie pour qui raccorde ses modules sans micro-onduleur, le Pro Max AC pour qui possède déjà une installation. Les chiffres qui suivent valent pour la version hybride ; quand l'un d'eux vient de la version AC, dont l'électronique de puissance est identique, la variante est précisée.
Les 2500 W : une promesse à lire avec ses conditions
Le chiffre de 2500 W figure en tête de la fiche du Pro Max, mais il recouvre plusieurs puissances distinctes selon le port et la configuration. Sur une prise ordinaire, l'appareil injecte 800 W : c'est le réglage d'usine, calé sur la limite couramment admise pour les kits de balcon en Europe. L'application ne propose ensuite que deux paliers de sortie sur le réseau, 800 W ou 2500 W, sans valeur intermédiaire. Passer à 2500 W suppose un circuit dédié et un raccordement fixe (prise coupée, boîte de dérivation), donc un électricien qualifié et, selon le pays, une autre procédure de déclaration.
La deuxième condition est moins connue : la batterie de base seule ne dépasse pas 1800 W en charge ni 1600 W en décharge par la prise CA. Les 2500 W, en charge comme en décharge, exigent au moins une batterie additionnelle BP2500, ce qui fait de la première extension une décision de puissance autant que de capacité. Le bypass de 3680 W (16 A), lui, laisse passer le courant du réseau vers une charge branchée sur la prise de secours sans solliciter la batterie : c'est ce qui permet d'alimenter un sèche-linge en gardant les cellules au repos.
Rendement et veille : 84 % à 800 W, un appel de puissance à surveiller
Sur un cycle complet, de 10 à 100 % de charge puis de 100 à 10 % de décharge, à 800 W dans les deux sens, le rendement aller-retour du SolarVault 3 Pro Max s'établit à 84,4 % en moyenne sur quatre cycles, de 83,8 à 84,8 % d'un cycle à l'autre. La version AC, dont l'électronique de puissance est identique, atteint 84,7 % dans les mêmes conditions. C'est un niveau correct pour la catégorie, un cran sous les meilleurs hybrides, qui dépassent 87 %.
Ce chiffre vaut pour un régime soutenu. Quand la batterie ne fournit que quelques centaines de watts, comme en autoconsommation de nuit, le rendement global retombe entre 75 et 80 %. Le mécanisme est celui de tous les onduleurs : les pertes fixes (électronique, gestion de la batterie, communication) pèsent proportionnellement plus lourd à mesure que la puissance transférée diminue. La charge directe par les entrées MPPT évite une conversion et devrait améliorer le chiffre, mais aucune valeur fiable n'existe à ce jour pour ce mode.
L'appel de puissance à vide s'y ajoute. Tant qu'un plan énergétique est actif, par exemple en autoconsommation, l'appareil consomme de l'ordre de 30 à 35 W. Il retombe à environ 2,2 W en veille, que l'appareil enclenche seul après dix minutes sans apport solaire ni plan en cours (cette veille automatique se désactive dans l'application). À 30 W en continu, la perte atteint 0,72 kWh par jour, soit 29 % de la capacité nominale, et près de 263 kWh sur une année : un poste à garder en tête avant d'empiler les petits cycles, d'autant que l'énergie utile d'un cycle quotidien ne dépasse pas 2,3 kWh.
Capacité et extension : 2,52 kWh de base, 15,12 kWh par tour
La batterie de base stocke 2520 Wh (41,6 V, 60,6 Ah) en LiFePO4. L'énergie réellement utilisable dépend de la réserve du système de gestion de la batterie : avec les 90 % de profondeur de décharge retenus pour la durée de vie, elle atteint au mieux 2,27 kWh, et une valeur plus prudente de 2,1 kWh (83 % du nominal) reste plausible. Il faut raisonner sur cette fourchette de 2,1 à 2,3 kWh plutôt que sur les 2,52 kWh de l'étiquette.
Chaque module BP2500 apporte 2520 Wh, pèse 21 kg (485 × 210 × 230 mm) et s'empile sans câble sous l'unité principale : jusqu'à cinq modules, soit 15,12 kWh pour une tour de 131,5 kg environ. L'extension agit aussi sur la puissance : la puissance de charge totale, panneaux et secteur cumulés, passe de 1800 W pour l'unité seule à 3600 W avec une extension et 4500 W à partir de deux. Le constructeur annonce par ailleurs le couplage de trois tours, jusqu'à 45,36 kWh, mais cette fonction est présentée comme « bientôt disponible » et ne l'est pas à ce jour. Un socle et des roulettes sont proposés en option pour poser et déplacer l'ensemble.
Entrée solaire : quatre MPPT, 4000 W en direct et 2500 W de plus par le secteur
C'est, avec la puissance de sortie, ce qui place le Pro Max au sommet de sa catégorie. Les quatre régulateurs MPPT sont indépendants : chacun accepte jusqu'à 1000 W entre 16 et 60 V, avec 28 A en entrée et 32 A de courant de court-circuit, pour 4000 W au total. Deux modules orientés à l'est et deux à l'ouest, ou un module partiellement ombragé, ne se pénalisent donc pas entre eux. Les connecteurs MC4 sont décalés deux par deux pour rester accessibles, et un outil de débrochage est fourni.
La limite de 60 V gouverne le câblage : deux modules de 400 W ou plus branchés en série dépassent cette tension, alors que le montage en parallèle reste dans la plage tant que le courant total ne dépasse pas 28 A, avec un câble en Y vendu séparément. S'y ajoute un couplage CA : un micro-onduleur existant se branche sur la prise de secours et injecte jusqu'à 2500 W dans la batterie, avec au moins une extension, pour jusqu'à 6500 W d'entrée cumulée.
Dans la pratique, ces 4000 W dépassent ce qu'un kit de balcon simplifié peut recevoir : l'intérêt est la souplesse d'orientation et un léger surdimensionnement qui aide le matin, le soir et par ciel couvert, pas la puissance de crête brute.
Pilotage : une application soignée, des automatismes encore jeunes
L'application Jackery propose quatre modes : autoconsommation (réglage par défaut), personnalisé, tarifaire et IA. Un écran couleur en façade affiche l'état de charge, les puissances entrante et sortante et le mode actif sans ouvrir l'application ; l'appareil se règle aussi en Bluetooth sans Wi-Fi, et se connecte en Ethernet. Sont pris en charge les compteurs Jackery (monophasé, triphasé, lecteurs D0 et module TIC pour Linky), les Shelly Pro 3EM et Pro EM-50, l'Everhome EcoTracker, le HomeWizard P1 et le Homey Energy Dongle, ainsi que des prises connectées Shelly pour suivre des appareils isolés.
La régulation est précise lorsque le compteur est rapide : sur une nuit de six heures, la version AC soutire 24 Wh et injecte 32 Wh au total, et ne monte qu'à 57 et 58 Wh quand un robinet d'eau bouillante impose des pics réguliers de 1600 W d'une dizaine de secondes. Le temps de réaction se compte en secondes plutôt qu'en fractions de seconde.
Les réserves portent sur les automatismes. Le mode tarifaire ne permet de fixer ni écart de prix minimal ni rendement de référence, si bien que l'appareil peut décharger pour des écarts qui ne couvrent pas les pertes. Les plans personnalisés se répètent chaque jour, sans distinction de la semaine. Le mode IA, qui apprend sur plusieurs semaines, prend des décisions parfois difficiles à suivre, comme une charge complète aux heures chères. Les données de l'application s'actualisent lentement en Wi-Fi, la réception 2,4 GHz est faible dans un garage ou un sous-sol, et la mise à jour vers la version 1.1 a échoué par Wi-Fi avant de passer par un câble Ethernet ; le micrologiciel est passé de la version 1.0 à la 1.5 en moins de six mois.
Côté intégration, Jackery publie une intégration Home Assistant officielle qui lit les données par MQTT local. La mise en service, l'activation du MQTT et l'appairage d'un compteur passent en revanche par l'application et un compte Jackery, et le fabricant ne publie pas de description complète de l'interface MQTT. Une fois l'appairage fait, le dialogue avec un compteur du même réseau local se fait en direct.
Secours hors réseau : réel, mais pas un onduleur de bureau
La prise de secours bascule sur la batterie en moins de 20 ms lors d'une coupure et fournit 1600 W avec l'unité seule, 2500 W avec au moins une batterie additionnelle. Le constructeur précise qu'il ne s'agit pas d'une alimentation sans interruption, car la commutation n'est pas instantanée, et déconseille d'y brancher des serveurs ou des postes de travail.
Seuls les appareils branchés sur cette prise sont secourus : le logement ne bascule pas de lui-même. À 1600 W, la batterie de base tient un peu plus d'une heure. Hors réseau, la décharge n'est plus possible sous 10 % de charge, et la prise s'éteint d'elle-même au bout de 12 heures sous 25 W de sortie (délai réglable sur 2, 8, 12 ou 24 heures, ou désactivable). La limite de décharge se règle dans l'application, ce qui permet de garder une réserve pour les coupures, et le Bluetooth permet de réveiller l'appareil mis en veille quand le réseau tombe.
Fabrication, chaleur et sécurité
Le boîtier est certifié IP65 et fonctionne de -20 à 55 °C, avec un préchauffage automatique de la batterie sous 0 °C ; l'appareil travaille de façon optimale entre 15 et 30 °C. Sans ventilateur, le refroidissement passif s'appuie sur un radiateur à ailettes en face arrière : le bruit reste sous 30 dB, avec pour seul son le claquement des relais à chaque changement de mode.
La chaleur est le point à surveiller. La face arrière monte autour de 65 °C après deux heures de charge à 2500 W. Sur la version AC, de même électronique, elle reste à 37 °C à 800 W et atteint 48 °C à 1800 W. Le constructeur demande 30 cm de dégagement de chaque côté et réduit la puissance quand la température grimpe : une pose dans un meuble fermé ou en plein soleil est à proscrire.
La chimie LiFePO4 est nettement plus stable thermiquement que les chimies NMC. L'appareil surveille la température des connecteurs MC4 et de la prise secteur, loge une soupape de surpression sur chaque batterie et un module d'extinction par aérosol qui se déclenche en cas de surchauffe sévère. Ce module n'a rien d'un extincteur pour une batterie en emballement thermique : il ne remplace ni un emplacement dégagé, ni un détecteur de fumée au-dessus de l'appareil. Un certificat de sécurité CB (norme IEC 62040-1:2017, 17 mars 2026) couvre le Pro Max et le Pro Max AC.
L'endurance annoncée est de 6000 cycles à 90 % de profondeur de décharge jusqu'à 70 % de capacité restante, soit environ seize ans à un cycle par jour, avec une garantie de 10 ans. Lancé en mars 2026, le produit n'a pas encore de recul à l'échelle de ces chiffres, mais aucun rappel ni défaut de sécurité n'a été identifié à ce jour.
Installation et conformité en France : ce que change la batterie
La pose prend de dix minutes à une heure : l'unité sur son socle ou fixée au mur avec les équerres fournies, une prise reliée à la terre pour le câble secteur, les panneaux sur les MC4, puis la mise en service par l'application en Bluetooth avant la connexion Wi-Fi 2,4 GHz ou Ethernet. À 26,5 kg l'unité (131,5 kg pour une tour de cinq extensions), le déplacement se prévoit à deux, avec 30 cm de dégagement de chaque côté.
En France, une installation en autoconsommation totale doit être déclarée à Enedis par la CACSI, même sans injection et quelle que soit la puissance. L'ajout d'une batterie fait partie des cas où Enedis peut exiger l'attestation Consuel ; une dispense est possible pour les équipements plug and play déjà assemblés et conformes à la norme NF EN 50549-1-4, que la notice du Pro Max ne cite pas. Ce point est donc à vérifier auprès du fabricant et d'Enedis avant l'achat. Le constructeur règle l'appareil sur 800 W en sortie d'usine et renvoie à la réglementation locale pour tout réglage supérieur ; les 2500 W relèvent d'un raccordement fixe, avec ses démarches propres.
Face à la concurrence directe
Trois références permettent de situer le Pro Max : son petit frère, le SolarVault 3 Pro, le Zendure SolarFlow 2400 Pro, hybride lui aussi, et l'Anker Solix Solarbank 3 E2700 Pro, plus proche par la capacité.
| Critère | SolarVault 3 Pro Max | SolarVault 3 Pro | SolarFlow 2400 Pro | Solarbank 3 E2700 Pro |
|---|---|---|---|---|
| Capacité de base | 2520 Wh | 2520 Wh | 2400 Wh | 2688 Wh |
| Sortie CA maximale | 2500 W | 1200 W | 2400 W | 1200 W (800 W d'injection par défaut) |
| Entrée solaire directe | 4000 W (4 MPPT) + 2500 W en couplage CA | 4000 W (4 MPPT) | 3000 W (4 MPPT) + 1800 W en couplage CA | 3600 W (4 MPPT) |
| Extensible jusqu'à | 15,12 kWh | 15,12 kWh | 16,8 kWh | environ 16 kWh |
| Poids | 26,5 kg | 25,5 kg | 27,8 kg | 29,2 kg |
Le Pro Max est le seul des quatre à cumuler 2500 W de sortie, 4000 W d'entrée directe et un secours à 2500 W. Le Zendure SolarFlow 2400 Pro le devance sur le rendement aller-retour (87 à 90 %) et sur les outils tarifaires, au prix d'une entrée directe plus étroite. L'Anker Solarbank 3 E2700 Pro offre 168 Wh de plus en base, un rendement voisin et un écosystème plus établi, mais plafonne à 1200 W. Le 3 Pro, enfin, partage presque tout avec le Pro Max hors la puissance et le secours : si l'horizon reste 800 W d'injection, il suffit.
À qui s'adresse le SolarVault 3 Pro Max, et où il est vendu
Il convient aux foyers qui consomment beaucoup le soir, qui branchent trois ou quatre modules d'orientations différentes ou qui veulent garder la porte ouverte à une extension jusqu'à 15 kWh : avec son bypass de 3680 W et son secours à 2500 W, c'est un appareil de maison plus qu'un accessoire de balcon. Il convient moins à qui n'a qu'un ou deux modules et vise 800 W d'injection, cas où le 3 Pro suffit, ni à qui exige un fonctionnement sans application ni compte, un secours sans interruption pour du matériel informatique ou un arbitrage tarifaire fin.



