Ce que valent réellement les 10 000 mAh : 39,2 Wh sur l'étiquette, 31 à 34 Wh restitués
Le chiffre de 10 000 mAh dit peu de chose seul. Ici, le pack associe deux cellules lithium-ion ATL de 5 000 mAh en série : 5 Ah sous 7,84 V (3,92 V par cellule), soit 39,2 Wh sur l'étiquette. Les 10 000 mAh annoncés sont ce même pack compté à 3,92 V par cellule. Les 37 Wh que l'on voit pour d'autres batteries de 10 000 mAh viennent d'une convention à 3,7 V ; ici, la tension réelle des cellules est plus élevée, et l'énergie nominale aussi. Le constructeur indique par ailleurs une capacité de 6 250 mAh sous 5 V, soit 31,25 Wh : c'est le chiffre d'étiquette à la sortie USB, plus prudent que la réalité.
Sous une décharge à 5 V, le pack restitue environ 34 Wh en un peu plus de deux heures, soit 87 % de l'énergie nominale. Par la bobine sans fil Qi2, il fournit environ 31 Wh, à 14,9 W de moyenne pendant plus de deux heures, soit 79 %. Les huit points d'écart entre les deux voies sont ceux de la liaison sans fil, qui perd de l'énergie en chaleur entre la bobine de la batterie et celle du téléphone. À la recharge, il faut lui fournir environ 43,5 Wh pour la remplir : un cycle complet, charge puis décharge à 5 V, rend donc environ 78 % de l'énergie entrée.
Cette énergie se retrouve sur un téléphone. Le score de recharge additionne les pourcentages de batterie qu'une batterie externe fournit en sans fil à un iPhone 16 Pro déchargé, jusqu'à ce qu'elle soit vide : ici 100 % puis 100 % puis 8 %, soit 208 %. C'est le meilleur résultat de la catégorie 10 000 mAh, à égalité avec la MagFlow Pro à refroidissement liquide, devant l'Anker MagGo 2 Pro (199 %) et une EcoFlow Rapid 15 W (190 %) ; la moyenne de la catégorie se situe autour de 165 %. Sur un iPhone 16 Pro Max, dont la batterie est plus grosse, on obtient environ 1,25 charge en sans fil et 1,75 en filaire. Ugreen annonce 1,6 charge d'un iPhone 17 Pro Max : un peu plus d'une charge et demie, et non deux.
Qi2 15 W : la puissance est tenue, la vitesse dépend de la température
Le sans fil de la MagFlow Air est un Qi2 de 15 W certifié, avec des aimants N52, pour les iPhone 12 et plus récents. La puissance annoncée est réellement délivrée : environ 15 W sur la bobine (14,1 V, 1,06 A), 14,9 W de moyenne sur plus de deux heures de décharge, sans limitation de puissance négociée. Elle n'ira pas plus haut : un Qi2.2 de 25 W demande une autre batterie, que Ugreen vend sous une autre référence.
Ce que cela donne sur un iPhone dépend de l'état thermique du téléphone et de la pièce. En 30 minutes, la charge fournit de 21 à 45 % de batterie selon la température, avec un tiers environ comme valeur courante ; dans une pièce tempérée, un iPhone 17 Pro déchargé se remplit en 1 h 45 à 1 h 50. Par forte chaleur, le même exercice s'allonge beaucoup : de 0 à 50 % en 1 h 54 en pleine canicule, contre 28 minutes avec le câble.
| Téléphone et plage | Câble intégré | Sans fil Qi2 |
|---|---|---|
| iPhone 17 Pro, de 0 à 50 % | 28 min | 1 h 54 (période de canicule) |
| iPhone 16, de 25 à 80 % | 41 min | 1 h 45 |
La chaleur explique cet écart. Le chemin sans fil rend 79 % de l'énergie nominale contre 87 % en 5 V filaire, et la différence part en chaleur, coincée entre un boîtier en aluminium de 13,9 mm et le dos du téléphone. Selon l'endroit et la durée, la surface de la batterie va de 34 °C en régime établi à 38 °C au niveau de la bobine, 40 °C après 30 minutes de charge d'un iPhone et 44 °C au plus fort ; le téléphone se tient autour de 37,5 °C. La protection thermique réduit alors la puissance, ce qui rallonge la charge. L'écart de 21 à 45 % en 30 minutes n'est donc pas un défaut de fabrication, c'est la signature d'un boîtier très fin qui n'a pas de place pour évacuer la chaleur.
Deux conditions améliorent le résultat : une coque fine ou compatible MagSafe, qui ne sépare pas les bobines, et un téléphone qui n'est pas déjà chaud. Sur un téléphone Android sans Qi2, la charge retombe à 5 à 7,5 W sans accroche magnétique : la MagFlow Air n'a d'intérêt sans fil que pour un iPhone ou un Android certifié Qi2.
Le câble 30 W : le vrai chemin rapide, avec une limite thermique
Le câble tressé intégré et le port USB-C annoncent chacun 30 W dans les deux sens. En pratique, la sortie atteint environ 28 W, sur des paliers de 5, 9, 12 et 15 V, sans palier de 20 V. Sur un iPhone 17 Pro, la charge de 0 à 50 % prend 28 minutes. Sur un iPhone 16, de 25 à 80 % demande 41 minutes, avec jusqu'à 19 W, limite du téléphone ; sur un Galaxy S24+, 31 minutes avec jusqu'à 27 W. Le câble est donc le vrai chemin rapide, et le sans fil un complément de confort.
L'absence de palier de 20 V écarte les ordinateurs portables qui l'exigent : ils ne sont servis qu'à puissance réduite, quand ils acceptent la charge. Un ThinkPad en veille, qui absorbe un peu plus de 24 W, est alimenté pendant 90 minutes jusqu'à ce que la batterie soit vide, et regagne un peu plus de 50 % de sa propre batterie : de quoi dépanner un ordinateur, pas de quoi l'alimenter en continu.
À puissance maximale continue, la protection thermique intervient. Sur une décharge à 15 V et 2 A, soit 30 W, la sortie tient une trentaine de minutes, puis la batterie se ramène d'elle-même à 5 V ; si l'on redemande 15 V, le courant plafonne vers 1,33 A, soit environ 20 W. Un téléphone, qui cesse de tirer 30 W bien avant, ne le voit pas ; un ordinateur portable ou une console qu'on alimente longtemps, oui. Un boîtier de 13,9 mm n'a tout simplement nulle part où évacuer 30 W sur la durée.
En entrée, la batterie accepte 30 W, avec un pic d'environ 28 W, et se recharge en 1 h 50 à 2 h 10 avec un chargeur de 30 W : il lui faut environ 43,5 Wh en 1 h 57, la puissance diminuant en fin de charge. Le boîtier reste autour de 38 °C pendant cette recharge. Aucun chargeur n'est fourni dans la boîte, seulement la batterie et sa notice.
Trois sorties, un budget de 15 W
Ugreen annonce trois appareils à la fois : un sur le pad sans fil, un sur le câble intégré, un sur le port USB-C. C'est exact, mais la puissance se partage. Un seul appareil profite de 30 W (câble ou port) ou de 15 W (sans fil). Dès que deux sorties servent, le total tombe à 15 W : 10 W côté câble et 5 W côté sans fil, ou 7,5 W sur chacun des deux ports USB-C. Avec les trois sorties, les deux ports USB-C se partagent 10 W (5 V, 2 A) et le sans fil garde 5 W.
Deux comportements complètent ce tableau. Dès qu'une charge filaire démarre, la charge sans fil se désactive par défaut : il faut appuyer sur le bouton pour la réactiver, et elle retombe alors à 5 à 7,5 W tant qu'un appareil se charge sur un port. Quant à la charge pass-through annoncée, elle fonctionne mais l'entrée est bridée : quand la batterie alimente un téléphone, elle ne reprend que 13 W (téléphone en sans fil) ou 17 W (téléphone sur câble) au lieu d'environ 28 W, ce qui double à peu près la durée de sa recharge.
Le câble intégré et la dragonne : pratique, court, définitif
Le câble USB-C tressé de 18,5 cm sort d'un angle du boîtier et se clipse dans une encoche du même angle : il forme alors une boucle utilisable comme dragonne ou comme poignée, et Ugreen annonce plus de 10 000 pliages. Il remplace le câble que l'on oublie toujours, et il recharge aussi la batterie. Un second port USB-C permet de brancher un autre câble, par exemple un câble Lightning pour un iPhone 14 ou plus ancien, que l'embout USB-C du câble intégré ne sait pas charger.
Ses limites tiennent à la même conception. À 18,5 cm, il suffit pour relier la batterie posée contre un téléphone, pas pour garder la batterie en poche pendant que le téléphone est en main, ni pour atteindre une prise éloignée. Il n'est ni amovible ni remplaçable : s'il s'abîme, la batterie perd son câble et il ne reste que le port USB-C. L'embout est épais et ferme, assez pour qu'on hésite à tirer dessus, et il gêne sous certaines coques renforcées.
Le produit est sorti en avril 2026 : aucune panne récurrente de câble n'est connue à ce jour, mais le recul est de six mois seulement. Sur une batterie de ce format, un câble fixe est le point d'usure le plus probable, bien avant les cellules.
13,9 mm et 213 g : la plus fine des 10 000 mAh magnétiques du catalogue
La MagFlow Air fait 111,5 × 69,8 × 13,9 mm pour 213 g. Parmi les batteries magnétiques de 10 000 mAh du catalogue, aucune n'est plus fine : l'EcoFlow Rapid Mag fait 15,95 mm, la Baseus PicoGo 16 mm, l'Anker MagGo 2 Pro 17,8 mm, l'Anker MagGo 10K 19,8 mm et l'Ugreen MagFlow 10000mAh 21 mm. Seule la Baseus est plus légère (198 g) ; la MagFlow 10000mAh de la même marque pèse 41 g de plus (254 g).
Cette finesse se paie à l'usage. Sur un iPhone de taille standard, le boîtier dépasse un peu sous le téléphone ; les proportions sont meilleures sur un modèle Max, plus long. Et 213 g, c'est le poids d'un téléphone : l'ensemble dépasse 400 g avec un iPhone Pro Max, ce qui se sent en main pendant un appel ou une vidéo. Dans une poche de jean ou de veste, en revanche, la batterie se glisse sans déformer le vêtement, et c'est ce qu'on lui demande.
Quelle MagFlow Air choisir : 10 000 mAh, 5 000 mAh ou Qi2.2
Le nom MagFlow Air recouvre plusieurs références qu'il ne faut pas confondre. Celle de cette page est la 10 000 mAh Qi2 15 W, référence PB570, vendue en gris sidéral (75982), blanc lunaire (75983) et bleu étoilé (65839).
| Critère | MagFlow Air 10000 (PB570, cet avis) | MagFlow Air 5000 (PB580) | MagFlow 10000mAh (25 W) |
|---|---|---|---|
| Capacité | 10 000 mAh (39,2 Wh) | 5 000 mAh (19,6 Wh) | 10 000 mAh |
| Sans fil | Qi2 15 W | Qi2 15 W | Qi2 25 W |
| Sortie filaire | 30 W | 20 W | 30 W |
| Épaisseur | 13,9 mm | 8,6 mm | 21 mm |
| Poids | 213 g | 127 g | 254 g |
| Câble intégré | Oui, 18,5 cm | Non, câble séparé | Oui |
La version 5 000 mAh descend à 8,6 mm et 127 g, mais elle offre deux fois moins d'énergie et pas de câble intégré : c'est un choix de finesse extrême, pas une 10 000 mAh en plus petit. Une déclinaison Qi2.2 de 25 W de ce format existe sous une autre référence, plus chère : elle ne fait pas l'objet de cet avis. La MagFlow Pro à refroidissement liquide est un autre produit encore. Pour ne pas se tromper, chercher PB570 ou l'un des trois codes couleur.
Fabrication, sécurité et fiabilité : un bon dossier, un recul court
Le boîtier associe un dos et un cadre en alliage d'aluminium à une face magnétique à revêtement souple, qui ne raye pas le téléphone. Le pack repose sur des cellules ATL haute densité ; Ugreen annonce 13 couches de protection et une régulation thermique appelée Thermal Guard. Les aimants sont de qualité N52 : la fixation tient dans une poche ou un sac, y compris quand on sort le téléphone. Une coque fine ou compatible MagSafe préserve cette tenue ; une coque épaisse éloigne les bobines et ralentit la charge.
Côté sécurité, les 39,2 Wh restent sous la limite de 100 Wh admise en cabine d'avion : la batterie voyage en bagage à main, jamais en soute. Aucun rappel ni incident n'est connu pour ce modèle. La garantie est de deux ans.
Le dossier est donc bon, avec une réserve de confiance plus qu'un défaut : le produit date d'avril 2026, et l'endurance des cellules comme celle du câble fixe ne sont pas encore établies par l'usage. Le point à surveiller est le câble fixe, avec son embout épais.
Face aux autres batteries magnétiques de 10 000 mAh
Les rivales les plus proches sont les autres batteries magnétiques de 10 000 mAh du catalogue. La MagFlow Air gagne sur la finesse et l'énergie restituée, et cède sur la vitesse sans fil.
| Critère | MagFlow Air | Ugreen MagFlow 10000 | EcoFlow Rapid Mag | Anker MagGo 10K | Baseus PicoGo AM52 |
|---|---|---|---|---|---|
| Sans fil | Qi2 15 W | Qi2 25 W | Qi2.2 25 W | Qi2 15 W | Qi2.2 25 W |
| Câble intégré | Oui, 30 W | Oui, 30 W | Oui, 36 W | Non | Oui, 45 W |
| Épaisseur | 13,9 mm | 21 mm | 15,95 mm | 19,8 mm | 16 mm |
| Poids | 213 g | 254 g | 230 g | 250 g | 198 g |
Face à la MagFlow 10000mAh de la même marque, la Air perd 10 W de sans fil mais gagne 7,1 mm et 41 g. Face à l'EcoFlow Rapid Mag, elle est plus fine de 2 mm et plus légère de 17 g, mais reste à 15 W sans fil au lieu de 25 W et n'a pas de béquille. Face à l'Anker MagGo 10K, elle garde les mêmes 15 W, avec 5,9 mm et 37 g de moins, et surtout un câble intégré que l'Anker n'a pas ; le score de l'Anker est de 170 %. Face à la Baseus PicoGo AM52 (182 %), la Baseus charge plus vite en sans fil (sur un téléphone compatible) comme en filaire, mais elle est plus épaisse de 2,1 mm et la Air restitue davantage d'énergie.
Aux prix du catalogue au 9 octobre 2026, la MagFlow Air (53,99 €) coûte 6 € de moins que la MagFlow 10000mAh (59,99 €) : on gagne en finesse et en autonomie ce qu'on perd en vitesse sans fil.
À qui elle convient, à qui elle ne convient pas
Elle convient à qui possède un iPhone 12 ou plus récent, de préférence un modèle Max, et veut une batterie qu'on oublie dans une poche, sans câble à emporter, avec une vraie réserve d'énergie : jusqu'à deux charges complètes d'un iPhone 16 Pro. Le câble 30 W couvre les urgences, le pad les recharges de confort pendant un trajet ou devant un écran. Elle convient aussi à qui voyage léger, puisque 39,2 Wh passent sans formalité en cabine.
Elle ne convient pas à qui veut la charge sans fil la plus rapide (il faut alors un modèle Qi2.2 de 25 W), à qui recharge régulièrement plusieurs appareils en même temps (15 W partagés), à qui veut alimenter un ordinateur portable exigeant 20 V ou travailler longtemps à 30 W, ni à qui veut un câble long ou remplaçable.



