10 000 mAh, 37 Wh : ce que restitue vraiment la Gravity 10
Sur l'emballage, un seul chiffre domine : 10000 mAh. Ramené à la tension réelle du pack, 3,7 V, cela donne 37 Wh, une valeur que confirme la propre fiche technique du fabricant (10000 mAh multipliés par 3,7 V égalent 37000 mWh, soit 37 Wh). Ce chiffre place la Gravity 10 sous la limite de 100 Wh qui autorise l'embarquement en cabine sans autorisation préalable, avec une marge large de 63 Wh.
Reste la question qui compte vraiment pour l'acheteur : combien de charges de smartphone ces 37 Wh représentent-ils une fois passés par les ports de sortie ? Sunslice annonce deux à trois recharges complètes. Sur un usage de plusieurs jours en moyenne montagne, entre soleil et nuages, la restitution effective retombe à 6765 mAh avec un câble standard et à 7600 mAh avec le câble d'origine du smartphone, soit 68 à 76 % des 10000 mAh annoncés selon le câble utilisé. Ramené à l'énergie du pack, cet écart représente une restitution réelle d'environ 25 à 28 Wh, 27 Wh en moyenne sur les deux chiffres obtenus. Sur un smartphone de 4100 mAh, cela ramène le nombre de charges complètes à 1,65-1,85 plutôt que les 2,44 qu'annoncerait un calcul purement théorique sur la seule capacité nominale.
Cet écart n'a rien d'anormal pour ce format de batterie : toute conversion de tension consomme une partie de l'énergie stockée, côté câble comme côté téléphone. Le choix du câble y contribue visiblement pour plusieurs points de pourcentage, un argument concret pour privilégier le câble d'origine de l'appareil rechargé plutôt qu'un câble générique bas de gamme.
18 W sur trois ports : une promesse à nuancer
La Gravity 10 propose trois sorties actives : un port USB-C compatible Power Delivery et deux ports USB-A compatibles Quick Charge 3.0, chacun donné pour 18 W au maximum. La marque permet de recharger jusqu'à trois appareils en même temps, chacun jusqu'à 18 W. C'est une promesse généreuse : cela suppose de délivrer jusqu'à 54 W cumulés sur trois sorties simultanées, alors que l'unique entrée de la batterie plafonne elle-même à 18 W.
Aucune spécification publiée ne détaille comment cette puissance se répartit réellement lorsque les trois ports servent en même temps, à défaut du tableau port par port que publient certaines concurrentes. Pour un ou deux appareils, la promesse est facile à tenir : 18 W en USB-C avec Power Delivery couvre une charge rapide standard de smartphone, et le Quick Charge 3.0 des deux ports USB-A assure une large compatibilité avec les téléphones Android plus anciens.
Sur le segment des batteries de 10000 mAh, 18 W est désormais un plafond modeste : une partie des concurrentes directes de cette gamme de prix dépasse aujourd'hui les 20, voire les 30 W sur leur port principal.
Remplir les 37 Wh : une recharge datée face au marché 2026
L'entrée de charge de la Gravity 10 se limite, comme chacune de ses trois sorties, à 18 W maximum via son port USB-C. Avec le chargeur Sunslice Emperion 45 W que la marque recommande pour ce modèle, une charge complète est annoncée en environ 3 heures. Sur un usage étalé de plusieurs jours en montagne, un plein depuis une prise secteur standard a mobilisé jusqu'à 4 heures 40, un écart qui s'explique par le ralentissement progressif du courant accepté par une cellule lithium en fin de charge, en plus des pertes de conversion habituelles. À titre de comparaison, un calcul à puissance constante de 18 W donnerait un peu plus de 2 heures pour les 37 Wh du pack : l'écart avec les 3 à 4h40 obtenus en pratique illustre la différence habituelle entre la fiche technique et l'usage réel.
Ce plafond de 18 W en entrée place la Gravity 10 loin derrière les batteries les plus récentes du marché, dont plusieurs dépassent aujourd'hui 30, 45 voire 65 W en entrée et se remplissent en une heure ou moins. Pour un usage de secours ponctuel ou un complément solaire, la différence importe peu. Pour qui doit reconstituer sa réserve d'énergie pendant une courte pause, l'écart se fait sentir.
220 grammes, 16 mm d'épaisseur : un format pensé pour la poche
Sur la balance, la Gravity 10 affiche 220 grammes pour un gabarit de 135 x 69 x 16 mm, une épaisseur de seulement 16 mm qui la rapproche d'un étui de smartphone plutôt que d'un pavé de batterie. Rapportée à ses 37 Wh, sa densité s'établit à un peu moins de 6 grammes par Wh stocké.
Face à trois batteries de 10000 mAh vendues à un tarif proche (comparatif détaillé plus loin dans cet avis), la Gravity 10 se situe au même niveau que l'Ugreen Nexode 10000mAh, un peu plus lourde que le Xiaomi Mi Power Bank 3. Le boîtier est en plastique avec des angles arrondis, sans partie métallique apparente. Son format fin permet de le glisser dans une poche de veste ou une poche latérale de sac à dos sans gêne, un vrai atout en déplacement ou en randonnée à la journée.
Quatre LED et une lampe intégrée : la connectique au quotidien
Quatre LED témoins indiquent le niveau de charge restant par palier de 25 %, une solution plus sommaire qu'un écran numérique affichant le pourcentage exact, mais suffisante pour savoir en un coup d'œil s'il reste assez d'énergie. Aucun écran n'équipe ce modèle : pour un affichage précis au pourcentage près, il faut se tourner vers une gamme supérieure, chez Sunslice ou ailleurs.
La marque ajoute une lampe LED intégrée, absente des trois concurrentes directes présentées plus loin dans ce dossier. Pour un usage en camping, en bivouac ou lors d'une coupure de courant, cette lampe fait une vraie différence pratique : elle évite d'emporter un accessoire de plus dans le même sac.
Un câble USB-A vers USB-C est fourni dans la boîte, mais aucun câble n'est intégré ou rétractable au boîtier. Pour atteindre les 18 W en entrée, un chargeur compatible Power Delivery reste nécessaire ; un simple bloc USB-A à 5 W chargera la batterie, mais bien plus lentement. Le pass-through, soit la possibilité de recharger un appareil pendant que la batterie elle-même se recharge, n'est annoncé nulle part pour ce modèle.
Pas étanche : à ne pas confondre avec la Gravity 10 Extreme
La version décrite ici, celle que référence le catalogue, ne revendique aucun indice de protection IP. Ni la notice ni la fiche commerciale ne mentionnent de résistance particulière à l'eau, à la poussière ou au sable pour ce modèle précis.
Cette précision compte, car Sunslice commercialise en parallèle une « Gravity 10 Extreme », un boîtier distinct : plus grand (140 x 73 x 17 mm), plus lourd (259 g), certifié IP67 (résistant à l'eau et au sable), avec une sortie USB-C poussée à 20 W et jusqu'à 38 W cumulés sur ses deux ports actifs, vendu sensiblement plus cher, autour de 60 €. Les deux produits partagent une bonne partie de leur nom commercial et de leur page produit officielle, ce qui peut prêter à confusion au moment de l'achat.
| Caractéristique | Gravity 10 (ce modèle) | Gravity 10 Extreme |
|---|---|---|
| Poids | 220 g | 259 g |
| Dimensions | 135 x 69 x 16 mm | 140 x 73 x 17 mm |
| Étanchéité | Non précisée | IP67 |
| Sortie USB-C | 18 W | 20 W |
| Puissance cumulée | Non précisée | Jusqu'à 38 W |
| Prix constaté | 34,94 € | ≈ 60 € |
Pour la version standard décrite dans cet avis, la prudence reste de mise en extérieur : une averse légère sur un boîtier fermé ne pose généralement pas de problème immédiat, mais une exposition prolongée à la pluie battante ou une chute dans l'eau sortent du cadre d'usage prévu par le fabricant. Pour un usage exigeant en bord de mer, sous la pluie ou en kayak, la version Extreme correspond mieux à ce besoin, moyennant un surcoût et un format sensiblement plus encombrant.
Compatible panneaux solaires Fusion Flex : le calcul réel
La Gravity 10 se recharge via son unique port USB-C, ce qui la rend compatible avec les panneaux solaires pliables Sunslice de la gamme Fusion Flex, sans adaptateur supplémentaire. C'est un vrai argument d'écosystème, absent chez les trois concurrentes directes citées dans ce dossier.
Avec le plus petit panneau de la gamme, le Fusion Flex 6 (6 W nominaux), une charge en plein soleil de printemps a mobilisé environ 11 heures. Un calcul à puissance constante et en plein soleil sans interruption donnerait un plancher théorique d'un peu plus de 6 heures pour remplir les 37 Wh du pack : l'écart entre ce plancher et les 11 heures nécessaires dans ce cas précis reflète bien la réalité d'un panneau souple, dont l'angle par rapport au soleil varie au fil de la journée et dont la production chute nettement dès qu'un nuage passe.
Sunslice recommande d'ailleurs de brancher ses panneaux Fusion Flex sur une batterie externe plutôt que directement sur un téléphone, précisément pour lisser ces variations de production. La Gravity 10 joue ce rôle d'intermédiaire dans l'écosystème de la marque : une cohérence de gamme qui a du sens pour qui possède déjà ou envisage un panneau Sunslice, mais qui n'apporte rien à qui n'en a pas l'usage.
Sunslice, une marque belge qui mise sur la distribution physique
Sunslice est une entreprise belge fondée en 2017 à Ottignies-Louvain-la-Neuve par deux ingénieurs sortis de l'UCLouvain, Geoffroy Ghion et Henri Gernaey, à partir d'un projet de chargeur solaire ultracompact conçu pendant leurs études. La marque s'est depuis spécialisée dans les panneaux solaires pliables et les batteries externes associées, avec une conception revendiquée en Belgique, tandis que la fabrication est réalisée en Chine, une partie de l'assemblage manuel étant confiée à la Tunisie.
Ses produits sont aujourd'hui distribués dans plusieurs dizaines de magasins spécialisés à travers l'Europe, notamment via des enseignes d'articles de sport et de randonnée, plutôt que par le seul canal en ligne, un signal de sérieux pour une marque de cette taille.
La Gravity 10 est couverte par une garantie de deux ans, la durée standard de la catégorie. Le service après-vente passe généralement par le revendeur auprès duquel l'appareil a été acheté. Aucun rappel produit ni problème de sécurité n'est signalé pour ce modèle à ce jour, dans un secteur où plusieurs grandes marques concurrentes ont dû rappeler des références entières pour des risques d'incendie ces dernières années. L'échantillon de retours disponibles pour cette marque reste toutefois plus restreint que pour les plus grands noms du secteur.
Face à Anker, Xiaomi et Ugreen : ce qui justifie l'écart
Sur le segment des batteries de 10000 mAh vendues autour de 30 à 35 €, la Gravity 10 affronte une concurrence dense. Trois modèles de capacité identique se disputent le même rayon : l'Anker Zolo 10000, plus puissant avec ses 30 W ; le Xiaomi Mi Power Bank 3, l'option la plus accessible ; et l'Ugreen Nexode 10000mAh, un généraliste bien équilibré.
| Critère | Sunslice Gravity 10 | Anker Zolo 10000 | Xiaomi Mi Power Bank 3 | Ugreen Nexode 10000mAh |
|---|---|---|---|---|
| Capacité | 10000 mAh (37 Wh) | 10000 mAh (37 Wh) | 10000 mAh (37 Wh) | 10000 mAh |
| Puissance max | 18 W | 30 W | 22,5 W | 20 W |
| Poids | 220 g | ≈ 215 g | ≈ 200 g | ≈ 220 g |
| Lampe LED | Oui | Non | Non | Non |
| Écosystème solaire | Oui | Non | Non | Non |
| Prix constaté | 34,94 € | ≈ 30 € | ≈ 20 € | ≈ 33 € |
L'Anker Zolo 10000 l'emporte sur la puissance brute grâce à son port USB-C 30 W, et le Xiaomi Mi Power Bank 3 reste l'option la plus accessible. Aucune des trois, en revanche, n'offre de lampe intégrée ni de compatibilité solaire : la Gravity 10 ne gagne ni sur le prix ni sur la puissance, mais reste la seule à combiner triple port polyvalent, lampe et écosystème solaire dans ce comparatif.
Gravity 10 ou Gravity 20 : lequel choisir dans la gamme Sunslice
Sunslice décline sa gamme Gravity sur plusieurs capacités, dont une Gravity 20 également passée en revue sur ce site. Les deux partagent la même configuration de ports (1 USB-C et 2 USB-A, chacun jusqu'à 18 W), la même compatibilité avec les panneaux solaires Fusion Flex, une lampe LED intégrée identique et la même garantie de deux ans. La différence tient avant tout à la capacité et au format.
| Caractéristique | Gravity 10 | Gravity 20 |
|---|---|---|
| Capacité | 10000 mAh (37 Wh) | 20000 mAh (74 Wh) |
| Poids | 220 g | 400 g |
| Dimensions | 135 x 69 x 16 mm | 140 x 69 x 26 mm |
| Puissance par port | 18 W | 18 W |
| Lampe LED / solaire | Oui / Oui | Oui / Oui |
À poids doublé (400 g contre 220 g), la Gravity 20 offre exactement le double de capacité nominale. Pour un week-end, le format compact de la Gravity 10 se glisse plus facilement dans une poche ; pour un trek de plusieurs jours, la réserve plus large de la Gravity 20 laisse davantage de marge, au prix d'un encombrement plus grand. Aucune restitution réelle propre à la Gravity 20 n'étant disponible à ce jour, la comparaison de rendement entre les deux modèles n'est pas tranchée ici.
Randonnée, voyage, dépannage : à qui elle s'adresse
En randonnée à la journée, en voyage ou lors d'un déplacement professionnel de quelques jours, la Gravity 10 correspond à un usage d'appoint simple : reconstituer la charge d'un smartphone, d'une paire d'écouteurs ou d'une montre connectée, avec en prime une lampe intégrée qui évite d'emporter un accessoire de plus. Son format fin la rend facile à oublier dans un sac ou une poche jusqu'au moment d'en avoir besoin.
Pour un trek de plusieurs jours sans prise secteur, mieux vaut compter sur un peu moins que les deux à trois charges annoncées, et prévoir une marge si un smartphone gourmand ou une météo peu clémente pour le panneau solaire s'invitent au programme. En famille ou en petit groupe, ses trois ports actifs permettent de dépanner plusieurs appareils à la fois, sans garantir 18 W simultanés sur chacun.
Elle convient à qui cherche une réserve d'énergie compacte pour le smartphone et les petits accessoires USB, apprécie une lampe intégrée plutôt qu'un accessoire séparé, et envisage à terme un panneau solaire de la même marque.
Elle convient moins à qui recharge régulièrement un ordinateur portable, cherche la charge la plus rapide du marché à ce tarif, ou a besoin d'une protection contre l'eau et la poussière au quotidien.




