En pleine panne ? Les cinq gestes immédiats
Si vous lisez ceci à la lueur d’une lampe frontale, voici l’essentiel. Le reste de l’article vous aidera à décider de la suite.
- Ne rouvrez plus le congélateur. Chaque ouverture remplace l’air froid par l’air de la pièce, et la réserve de froid fond bien plus vite qu’on ne le croit. Si vous devez absolument sortir quelque chose, faites-le une seule fois, rapidement.
- Notez l’heure de début de la panne. Tout le reste en découle : à quel moment agir, quoi garder, quoi jeter (voir le tableau « heure par heure » plus bas).
- Vérifiez que la panne vient bien du réseau. Regardez si vos voisins sont aussi dans le noir et si votre disjoncteur n’a pas simplement sauté, puis consultez le dépannage Enedis pour obtenir une estimation de rétablissement (appel au 09 726 750 suivi de votre numéro de département).
- Ne jetez rien pendant la panne. Le tri se fait au retour du courant, avec un thermomètre, pas à l’œil. Seule exception : le contenu du réfrigérateur, qui ne tient que 4 à 6 heures.
- Préparez le plan B tout de suite, pas à la vingtième heure. Station d’énergie, congélateur d’un voisin, glacière avec de la glace : si aucune heure de rétablissement n’est annoncée au bout de quelques heures, partez du principe que la panne dépassera la journée.
Combien de temps un congélateur tient-il sans courant ?
Porte fermée, les autorités sanitaires donnent trois repères : environ 48 heures pour un congélateur plein, environ 24 heures pour un congélateur à moitié plein et 4 à 6 heures pour un réfrigérateur. On retrouve les mêmes ordres de grandeur chez le gouvernement du Québec et la Food Standards Agency britannique, et, pour le congélateur (« au moins 24 à 48 heures »), chez l’agence espagnole de sécurité alimentaire (AESAN). Ce sont des estimations, pas des garanties : elles varient avec l’isolation, le remplissage et la température de la pièce.
| Appareil, porte fermée | Durée estimée | Ce qu’il faut surveiller |
|---|---|---|
| Congélateur plein | environ 48 h | Aliments encore durs, température proche de -18 °C |
| Congélateur à moitié plein | environ 24 h | Même chose, mais deux fois moins de marge |
| Congélateur peu rempli | moins de 24 h (aucun chiffre officiel) | Le cas le plus risqué : beaucoup d’air à refroidir, peu de glace pour tenir |
| Compartiment congélation d’un combiné | nettement moins | Les aliments y dégèlent plus vite (gouvernement du Québec) |
| Réfrigérateur | 4 à 6 h | Au-delà de 4 h, on jette les denrées périssables (AESAN) |
Pourquoi le plein change tout. Ce sont les aliments eux-mêmes qui stockent le froid. À volume égal, des aliments congelés contiennent des centaines de fois plus de froid que l’air qui les entoure, et la glace qu’ils renferment doit d’abord fondre avant que leur cœur ne se réchauffe. Un congélateur plein est un accumulateur de froid ; un congélateur à moitié vide est surtout une boîte d’air isolée.
Les trois seuils à connaître
- -18 °C : la température de conservation normale.
- -12 °C : l’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques (BfR) estime qu’une remontée de -18 à -12 °C reste sans danger pour la santé, même si le goût et la texture peuvent en souffrir (Verbraucherzentrale Niedersachsen).
- -9 °C : la limite retenue par la réglementation européenne pour définir l’« autonomie en cas de coupure » d’un congélateur, c’est-à-dire le temps qu’il met à passer de -18 à -9 °C une fois le courant coupé. Cette durée figure souvent sur la fiche technique : les coffres de 200 litres que nous avons relevés annoncent entre 26 et 41 heures. Cherchez-la dans la notice de votre appareil, c’est le chiffre le plus fiable pour votre modèle précis.
Coffre, armoire, combiné : chaque appareil a ses règles
Tous les congélateurs ne se valent pas face à une coupure, et tous ne demandent pas la même quantité d’électricité. Ces deux critères comptent autant l’un que l’autre pour choisir une station.
| Type | Volume courant | Consommation annuelle (étiquette, de A à G) | Par jour | Tenue du froid | À retenir |
|---|---|---|---|---|---|
| Coffre | 200 à 600 L | 95 à 318 kWh | 0,26 à 0,87 kWh | La meilleure : le couvercle s’ouvre vers le haut | Rangez par couches, avec un panier pour retrouver vite ce que l’on cherche |
| Armoire à tiroirs | 200 à 400 L | 105 à 329 kWh | 0,29 à 0,90 kWh | Moyenne : l’air froid s’échappe à chaque ouverture, les tiroirs limitent la perte | Un seul tiroir à la fois, brièvement |
| Compact (table top ou sous plan) | 80 à 250 L | 82 à 270 kWh | 0,22 à 0,74 kWh | Faible : petit volume, petite réserve de froid | À remplir au maximum |
| Compartiment congélation d’un combiné | quelques dizaines de litres | inclus dans le combiné | environ 0,25 à 0,5 kWh pour tout un combiné récent | La plus courte | Sauvez en priorité ce qui compte, ou confiez-le à un vrai congélateur |
Les plages de consommation viennent du registre européen EPREL (données de mars 2025, reprises par Selectra). La moyenne du parc est d’environ 300 kWh par an selon l’ADEME : un appareil ancien consomme en général davantage que les modèles récents du tableau, ce qui pèse directement sur la taille de la station à prévoir.
La température de la pièce : un facteur de 1 à 1,7
La chaleur qui traverse les parois d’un congélateur est proportionnelle à l’écart de température entre l’intérieur et la pièce. Plus la pièce est fraîche, plus la réserve de froid dure et moins le compresseur travaille : le gouvernement du Québec le note lui aussi. Pour un intérieur à -18 °C :
| Pièce | Écart avec l’intérieur | Chaleur qui entre (cave = 100 %) |
|---|---|---|
| Cave ou garage frais, 10 °C | 28 °C | 100 % |
| Cuisine ou buanderie, 20 °C | 38 °C | environ 135 % |
| Véranda, garage ou cuisine en été, 30 °C | 48 °C | environ 170 % |
En novembre en Bretagne, un garage, une cave ou une buanderie non chauffée est donc plutôt une alliée pour un congélateur privé de courant. À l’inverse, un congélateur posé contre un radiateur, un four ou une vitre ensoleillée peut consommer jusqu’à 30 % de plus (Selectra) et se réchauffe d’autant plus vite.
Une précaution pour les stations installées en garage ou en cave : les batteries lithium-fer-phosphate (LFP) ne se rechargent pas en dessous de 0 °C. En décharge, elles acceptent le froid : jusqu’à -10 °C pour les EcoFlow Delta 3, Delta 3 Max et Delta Pro 3, jusqu’à -20 °C pour l’Anker Solix C2000 Gen 2 (valeurs des fabricants). En clair, une station peut alimenter un congélateur dans un garage gelé, mais pas s’y recharger.
Combien de temps va durer la panne ? Les chiffres
C’est la vraie difficulté : le congélateur peut tenir 48 heures, mais personne ne vous dit à la première heure si la panne durera trois heures ou trois jours. Quelques repères pour décider sans illusion.
En temps normal : environ une heure par an
Selon la synthèse de Selectra des données de la CRE, la durée moyenne de coupure par client d’Enedis était de 72,9 minutes en 2023, pour environ deux coupures par foyer et par an (2,08). Cet indicateur, le « critère B » publié en données ouvertes, exclut les événements exceptionnels assimilés à des catastrophes naturelles, c’est-à-dire précisément les tempêtes. Il décrit la panne ordinaire, pas celle qui nous occupe.
En cas de tempête : une longue traîne
Le cas le mieux documenté en Bretagne est la tempête Ciaran du 2 novembre 2023. À 7 h du matin, plus de 1,2 million de foyers étaient sans électricité, dont 780 000 en Bretagne. Six jours plus tard, Enedis comptait encore plus de 30 000 foyers bretons sans courant, et le dernier client n’a été rebranché que le 21 novembre, dix-neuf jours après la tempête.
Ciaran est un épisode extrême, pas une tempête ordinaire. L’exemple britannique de la tempête Arwen (novembre 2021) montre la même forme de répartition à plus petite échelle : près d’un million de foyers coupés, 82 % rétablis en moins de 24 heures, mais près de 4 000 foyers restés plus d’une semaine sans courant (Ofgem). Retenez la forme plutôt que les chiffres : la grande majorité des foyers retrouve le courant dans la journée, une minorité attend des jours, et personne ne sait à l’avance dans quel groupe il se trouve.
Et ailleurs en Europe et aux États-Unis ?
| Pays | Ce que disent les chiffres | Source |
|---|---|---|
| Allemagne | 11,7 minutes de coupure par consommateur en 2024, hors force majeure | Bundesnetzagentur |
| Italie | 62 minutes par utilisateur en basse tension en 2021, dont 21 minutes dues à des causes extérieures, surtout des événements exceptionnels | ARERA |
| Royaume-Uni | Tempête Arwen (2021) : près de 1 million de foyers coupés, 82 % rétablis en moins de 24 h, près de 4 000 foyers plus d’une semaine | Ofgem |
| Espagne | Panne générale du 28 avril 2025 : débutée vers 12 h 30, plus de 99,5 % du courant rétabli à 6 h le lendemain | SmartGridsInfo |
| États-Unis | 11 heures de coupure par client en 2024, près du double de la moyenne de la décennie, dont 80 % dues aux ouragans Beryl, Helene et Milton | EIA |
La conséquence pratique
Une coupure de moins de 4 heures ne demande rien : le congélateur, fermé, n’en souffre pas. Entre 4 et 24 heures, c’est le cas le plus probable et il suffit de ne pas ouvrir. Au-delà de 24 heures, tout se joue : un congélateur à moitié plein arrive en limite, un congélateur plein a encore une journée devant lui, et il faut un plan. Décidez tôt. Attendre la quarante-huitième heure pour chercher une solution, c’est la chercher quand toutes les boutiques et tous les voisins sont dans la même situation.
Quand la panne dépasse 24 heures : les cinq solutions
| Solution | Atouts | Limites |
|---|---|---|
| Ne rien faire, ne pas ouvrir | Gratuit, suffisant en dessous de 24 à 48 h si le congélateur est plein | C’est un pari si la panne dure ; rien n’est protégé au-delà |
| Station d’énergie en mode secours | Le froid est maintenu sans interruption, silence, utilisation en intérieur, recharge possible au solaire ou chez un proche | Capacité limitée, prix, énergie à renouveler au bout de 1 à 4 jours selon le modèle |
| Groupe électrogène | Autonomie longue tant qu’il y a du carburant | À utiliser dehors uniquement (monoxyde de carbone), bruyant, carburant à stocker, raccordement à soigner |
| Glace sèche ou pains de glace | Aucune électricité nécessaire | Introuvable en pleine tempête ; la glace sèche brûle la peau et dégage du CO2 : 50 livres (environ 23 kg) pour un congélateur de 500 litres sur deux jours selon le ministère américain de l’Agriculture (USDA) |
| Déménager le contenu | Gratuit : voisin, famille, boucher, supermarché, entreprise avec une chambre froide ; la FSA précise que des denrées bien conservées peuvent être partagées entre voisins | Logistique, chaîne du froid à tenir en glacière pendant le transport |
La station d’énergie est la seule solution qui protège sans surveillance, sans carburant ni stock de glace, et qui reste utile le reste de l’année (box internet, éclairage, camping, chantier). C’est donc celle que détaille la suite. Le groupe électrogène reste pertinent pour une panne de plusieurs jours, mais jamais à l’intérieur ni dans un garage attenant : le monoxyde de carbone est incolore, inodore et mortel.
De quelle capacité avez-vous besoin ?
La question décisive tient en une phrase : combien de wattheures (Wh) le congélateur va-t-il tirer de la station chaque jour ? La méthode tient sur une feuille de papier.
- Relevez la consommation annuelle sur l’étiquette énergie (en kWh par an), ou mesurez-la avec un wattmètre laissé 24 heures entre la prise et l’appareil.
- Divisez par 365 pour obtenir les kWh par jour.
- Multipliez par 1,5 à 2 pour passer de la consommation « d’étiquette » à l’énergie réellement tirée de la station.
- Multipliez par le nombre de jours que vous voulez tenir, puis comparez au résultat à l’énergie utilisable de la station (sa « restitution »), pas à la capacité annoncée.
Le facteur 1,5 à 2 a trois causes. La station convertit le courant continu de sa batterie en courant alternatif, avec 10 à 15 % de pertes. Sa sortie secteur consomme aussi à vide dès qu’elle reste allumée, de l’ordre de 10 à 25 W selon les modèles (à vérifier sur la fiche du vôtre), soit 0,25 à 0,6 kWh par jour, un poste énorme pour un appareil qui n’en tire que 0,5. Enfin, les ouvertures de porte et les denrées à refroidir ajoutent leur part. Ce facteur est une règle de pouce de notre rédaction, pas une mesure.
| Profil | Étiquette | Par jour | Besoin sur la station | Retenu pour nos calculs |
|---|---|---|---|---|
| Petit coffre de 150 L | 200 kWh/an | 0,55 kWh | 0,8 à 1,1 kWh par jour | 0,9 kWh par jour |
| Armoire de 250 L | 250 kWh/an | 0,68 kWh | 1,0 à 1,4 kWh par jour | 1,1 kWh par jour |
| Grand coffre de 400 L ou appareil ancien | 300 kWh/an | 0,82 kWh | 1,2 à 1,6 kWh par jour | 1,5 kWh par jour |
Le mode économe : jusqu’à 1,5 fois plus longtemps
Un congélateur plein et fermé n’a pas besoin d’être alimenté en continu : il tient 24 à 48 heures tout seul. Si vous laissez la sortie secteur de la station éteinte, puis que vous la rallumez une à deux heures chaque fois que le thermomètre remonte vers -15 °C, le compresseur « recharge » le froid, et l’onduleur ne tourne que quelques heures par jour, ce qui supprime sa consommation à vide. Selon nos estimations, l’autonomie peut ainsi gagner jusqu’à 50 %. La méthode ne vaut que pour un congélateur bien rempli et jamais pour un réfrigérateur, qui tient trop peu de temps ; elle suppose une surveillance régulière avec une sonde de température placée à l’intérieur et un afficheur à l’extérieur.
La puissance, elle, n’est presque jamais le problème
Un compresseur de congélateur appelle 70 à 150 W en marche, et quelques centaines de watts à plus de 1 000 W pendant une fraction de seconde au démarrage, soit trois à six fois sa puissance nominale. Les stations présentées plus bas encaissent toutes des pointes de 3 000 W et plus. Seules les très petites stations de 300 W, limitées à 600 W de pointe, risquent de décrocher sur un gros compresseur.
Pour chiffrer votre cas précis avec vos propres appareils, notre outil quelle power station pour mon besoin fait le calcul, et notre dossier sur la capacité réelle des stations d’énergie explique pourquoi une station de 1 024 Wh n’en délivre jamais 1 024.
Quelle station d’énergie choisir ? Notre sélection par scénario
Les cinq stations ci-dessous partagent l’essentiel : batterie LFP (lithium-fer-phosphate, 4 000 cycles annoncés), mode secours (UPS) qui bascule en 10 millisecondes selon les fabricants, recharge secteur rapide (de 49 à 68 minutes annoncées pour les quatre premières), garantie de cinq ans. Ce qui les distingue, c’est l’énergie utilisable, donc la durée d’autonomie pour un congélateur donné.
| Station | Énergie utilisable | Petit coffre 150 L (0,9 kWh/j) | Armoire 250 L (1,1 kWh/j) | Grand coffre ou ancien (1,5 kWh/j) |
|---|---|---|---|---|
| Anker Solix C1000 | 920 Wh | 25 h | 20 h | 15 h |
| EcoFlow Delta 3 | 860 Wh | 23 h | 19 h | 14 h |
| Anker Solix C2000 Gen 2 | 1 850 Wh | 49 h (2,0 jours) | 40 h | 30 h |
| EcoFlow Delta 3 Max | 1 900 Wh | 51 h (2,1 jours) | 41 h | 30 h |
| EcoFlow Delta Pro 3 | 3 999 Wh | 107 h (4,5 jours) | 87 h (3,6 jours) | 64 h (2,7 jours) |
Estimations de la rédaction à partir de l’énergie utilisable de chaque fiche et des besoins de 0,9, 1,1 et 1,5 kWh par jour, sortie secteur allumée en continu. En mode économe, comptez jusqu’à 1,5 fois plus longtemps. Ce sont des calculs, pas des mesures.
Le palier 1 kWh : un petit congélateur et une panne d’une journée
L’Anker Solix C1000 (1 024 Wh, 11,3 kg, 2 000 W et 3 000 W de pointe, recharge complète en 49 minutes annoncées) et l’EcoFlow Delta 3 (1 024 Wh, 12,5 kg, 1 800 W et 3 600 W de pointe, recharge en 56 minutes) couvrent un petit coffre ou un combiné sur une journée. La Delta 3 a un atout que la C1000 n’a pas : elle est extensible jusqu’à 5 120 Wh avec des batteries d’extension, on peut donc commencer petit et grandir. La C1000 est un peu plus légère et pensée pour être déplacée. Nos avis détaillés : Anker Solix C1000 et EcoFlow Delta 3.
Le palier 2 kWh : le bon compromis pour un foyer
L’Anker Solix C2000 Gen 2 (2 048 Wh, 18,9 kg, 2 400 W et 4 000 W de pointe, 30 dB, extensible jusqu’à 4 096 Wh, entrée solaire jusqu’à 800 W) et l’EcoFlow Delta 3 Max (2 048 Wh, 20,3 kg, 2 400 W et 4 800 W de pointe, 25 dB, non extensible, entrée solaire jusqu’à 500 W) tiennent un congélateur d’armoire ou de coffre standard un jour et demi à deux jours, avec en plus la box internet et quelques lampes. C’est le bon palier si vous voulez dormir tranquille pendant une tempête de plusieurs jours sans y laisser un budget de petite voiture. Nos avis : C2000 Gen 2 et Delta 3 Max.
Le palier 4 kWh et plus : la tempête longue
L’EcoFlow Delta Pro 3 (4 096 Wh, extensible jusqu’à 12 288 Wh, 4 000 W et 8 000 W de pointe, 51,5 kg avec roulettes, 5 prises) ajoute le congélateur, le réfrigérateur, la box et le circulateur de chaudière sur trois à quatre jours. Elle accepte jusqu’à 2 600 W de panneaux, de quoi se recharger sérieusement même sous un ciel d’hiver si l’on dispose de plusieurs panneaux solaires de 220 W. Un seul panneau, lui, ne produira qu’une partie de sa puissance en novembre : comptez de 200 à 300 Wh par jour sous le ciel breton, un ordre de grandeur plutôt qu’une promesse. Notre avis : EcoFlow Delta Pro 3.
Ce qui ne suffit pas
Les petites stations de 250 à 300 Wh, comme l’EcoFlow River 3 ou l’Anker Solix C300, sont excellentes pour une soirée, une box et des téléphones, mais elles ne tiennent qu’environ 5 à 6 heures avec un petit congélateur : une nuit au mieux, avec une sortie limitée à 300 W. Gardez-les pour ce qu’elles font bien.
Pour comparer d’autres modèles de ce type, voir notre sélection des stations LiFePO4 extensibles pour le secours maison, et pour savoir ce que d’autres appareils demandent à votre réserve, notre guide quels appareils brancher sur une station d’énergie.
Brancher le congélateur sur une station : la méthode sûre
- Lisez la plaque signalétique du congélateur (puissance en W) et vérifiez que la sortie de la station dépasse largement ce chiffre multiplié par trois.
- Branchez le congélateur directement sur une prise de la station, sans multiprise d’entrée de gamme. Si une rallonge est indispensable, prenez la plus courte possible, de section suffisante (1,5 mm² au minimum).
- Placez la station entre la prise murale et le congélateur, mode secours (UPS) activé : la station reste branchée au secteur, le congélateur sur la station. Si le courant disparaît, elle bascule en 10 millisecondes annoncées, sans que le compresseur s’en aperçoive. Vérifiez cette fonction dans la notice ou l’application de votre modèle.
- Testez avant la tempête : débranchez simplement la station de la prise murale pour simuler une coupure, vérifiez que le congélateur continue de tourner, puis rebranchez.
- Installez un thermomètre à sonde, afficheur dehors, sonde à l’intérieur (ses fils fins passent sous le joint de porte) : vous lisez la température sans ouvrir.
- Au retour du courant, ne touchez à rien : la station se recharge seule. Notre guide sur la coupure de courant détaille pourquoi le retour du réseau est le moment le plus risqué pour les appareils.
Avant la tempête : la check-list de préparation
- Dès qu’une tempête est annoncée, réglez le congélateur sur son cran le plus froid. Vous remettrez le réglage normal après la panne : cela donne de la marge avant d’atteindre -18 °C.
- Comblez les vides. Des bouteilles d’eau remplies aux trois quarts (la glace se dilate), des pains de glace ou des sacs de glaçons transforment l’air en réserve de froid. Un congélateur à moitié vide tient deux fois moins longtemps qu’un plein.
- Regroupez les denrées sensibles (viande, poisson) au centre ou en bas, entourées de blocs de glace.
- Faites l’inventaire avec une liste ou une photo : utile pour trier, et pour une éventuelle déclaration à l’assurance.
- Installez un thermomètre de congélateur à sonde déportée, quelques euros.
- Le test de la pièce de monnaie : congelez un verre d’eau, posez-y une pièce. Si, au retour du courant, la pièce est au fond du verre, tout a dégelé à un moment, même si tout est de nouveau dur. C’est une astuce de terrain qui complète le thermomètre sans le remplacer.
- Chargez la station à 100 %, testez-la, rangez-la au sec avec ses câbles, et vérifiez son niveau de charge chaque mois en période d’alerte.
- Préparez des glacières et des pains de glace pour le réfrigérateur, qui ne tient que 4 à 6 heures.
- Prévoyez le plan B humain : qui, dans votre entourage, dispose d’un congélateur alimenté ou d’un groupe électrogène, où recharger la station (travail, famille) ?
Pendant la panne : heure par heure
| Heures sans courant | Ce qui se passe | Que faire |
|---|---|---|
| 0 h | La panne commence | Noter l’heure, ne pas ouvrir, vérifier que c’est bien le réseau, brancher la station si elle n’est pas déjà en secours |
| 3 à 4 h | Le réfrigérateur arrive en limite | Au-delà de 4 h, l’AESAN recommande de jeter viande, volaille, poisson, œufs, lait, fromages frais et restes. Sortez-les en glacière dès la troisième heure, en n’ouvrant qu’une fois. Si l’extérieur est sous 8 °C, la FSA autorise le stockage dans une boîte fermée dehors, à l’abri du soleil et des animaux. |
| 12 h | Aucune heure de rétablissement annoncée | Déclenchez le plan B : station, congélateur d’un voisin, glacière. Lisez la température de la sonde. |
| 24 h | Limite d’un congélateur à moitié plein | Sans station, déplacez le contenu ou regroupez-le dans un seul congélateur de voisin |
| 48 h | Limite d’un congélateur plein | Au-delà, considérez le contenu compromis et triez au retour du courant |
Avec une station, le tableau change : tant qu’elle alimente le congélateur, vous êtes hors de ce calendrier. Votre nouvelle échéance est l’heure à laquelle la batterie sera vide, donnée par le tableau d’autonomie plus haut. Prévoyez une recharge (solaire, groupe en extérieur, chez un proche) avant cette heure, pas après.
Le courant revient : recongeler, cuire ou jeter ?
Au retour du courant, ne vous fiez ni à l’aspect ni à l’odeur ni au goût : l’AESAN rappelle de ne jamais goûter un aliment pour juger s’il est sûr. Appuyez-vous sur le thermomètre et sur l’état des emballages, selon les règles du gouvernement du Québec et de l’AESAN.
| État constaté | Décision |
|---|---|
| Cristaux de glace dans l’emballage, centre encore dur | Recongelable (la qualité baisse un peu) |
| Décongelé mais resté à 4 °C ou moins : viandes et poissons crus | À cuire sans attendre, ou à recongeler après cuisson |
| Entièrement décongelé et passé au-dessus de 4 °C : viande, volaille, poisson, fruits de mer, produits laitiers, œufs, plats cuisinés | À jeter |
| Pain, viennoiseries sans crème, gâteaux, fromages à pâte dure, jus pasteurisés, fruits | Recongelables si les emballages sont intacts (Québec) |
| Glaces et crèmes glacées fondues | À jeter (Verbraucherzentrale Niedersachsen) |
| Durée ou température impossibles à reconstituer | À jeter : en cas de doute, on jette |
Les jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et les personnes fragiles sont plus exposés : la FSA recommande pour eux une prudence renforcée, notamment avec les charcuteries et les poissons fumés, et des plats servis bien chauds.
Indemnités et assurance
Si la coupure dépasse 5 heures, Enedis verse automatiquement une indemnité forfaitaire de 2 € HT par kVA de puissance souscrite et par tranche de 5 heures, plafonnée à 8 jours et 8 heures, soit 12 € HT pour un compteur de 6 kVA après 5 heures (MoneyVox, d’après Enedis et la CRE). Ce forfait ne couvre ni les appareils abîmés ni les aliments perdus : pour cela, Enedis renvoie vers l’assurance habitation. Gardez l’inventaire, les photos et les tickets, et lisez votre contrat sur la garantie des denrées.
Cas particuliers : garage, appartement, voisins, médicaments
- Congélateur au garage ou à la cave. Pièce fraîche en hiver, donc avantage pour le froid, mais station à mettre au sec et à l’abri des inondations ; pas de recharge sous 0 °C (voir plus haut).
- Appartement, pas de jardin. Groupe électrogène exclu, la station est la seule solution électrique ; sinon, glacières et congélateur d’un proche.
- Coupure en été ou en canicule. Plus la pièce est chaude, plus la chaleur entre vite (environ 70 % de plus à 30 °C qu’à 10 °C, voir plus haut) : agissez dès la première heure, pas la douzième.
- Plusieurs congélateurs dans le quartier. Regrouper les denrées dans un seul appareil alimenté par une seule station est possible et économise de l’énergie ; la FSA indique qu’on peut partager des denrées bien conservées entre voisins. Faites circuler la station pour la recharger à tour de rôle.
- Médicaments à conserver au froid (insuline, par exemple). Ils ont leurs propres consignes : demandez conseil à votre pharmacien dès que la panne dépasse quelques heures. Une petite glacière avec pains de glace est la solution la plus simple.
- Gros stocks de valeur (récoltes, gibier, commerce). Visez un palier 4 kWh ou un système extensible et signalez le risque à votre assureur à l’avance.



