1573 à 1725 Wh restitués, et un optimum au milieu
La DJI Power 2000 annonce 2048 Wh. Ce qui sort réellement de ses prises dépend de la puissance appelée, et la courbe réserve une surprise : ce n'est ni à faible charge ni à forte charge que la station rend le plus, mais entre les deux.
Aux faibles puissances, c'est la veille qui mange la réserve. L'électronique, l'écran et le WiFi consomment environ 14 W en permanence. Une décharge à 100 W dure une quinzaine d'heures, et ces 14 W en prélèvent plus de 200 Wh au passage, sans jamais atteindre l'appareil branché. C'est exactement l'écart entre les 1573 Wh mesurés à 100 W et les 1725 Wh mesurés à 500 W.
Aux fortes puissances, ce sont les pertes de conversion qui reprennent la main. À 1600 W, l'onduleur travaille près de ses limites, la ventilation tourne, et la restitution retombe à 1579 Wh. Selon la puissance appelée, la station rend donc entre 1570 et 1830 Wh, soit 77 à 89 % de sa capacité nominale.
La conséquence pratique est simple et va à rebours de l'intuition : cette station n'est pas faite pour veiller sur un petit appareil pendant deux jours. Elle donne son meilleur sur des charges franches, entre quelques centaines de watts et un bon kilowatt, c'est-à-dire précisément ce pour quoi on achète 3000 W.
La charge rapide, et la fois sur six où elle refuse
Le choix du mode de charge ne se fait pas dans l'application mais sur la façade : un commutateur physique bascule entre charge rapide et charge standard. C'est inhabituel, et plutôt commode.
| Mode | Puissance | Charge complète |
|---|---|---|
| Rapide | environ 2350 W | 1 h 05 à 1 h 15 |
| Standard | environ 1200 W | 2 h à 2 h 30 |
| Annoncé par le constructeur | 2200 W | 80 % en 45 min, 100 % en 75 min |
Sur ce point, la station tient sa promesse et fait même un peu mieux : en mode rapide, elle se remplit en une heure et quelques minutes, là où le constructeur annonce 75 minutes. C'est l'une des recharges les plus rapides du marché.
Deux autres conditions accompagnent ce mode. Le constructeur recommande explicitement le mode standard pour prolonger la durée de vie de la batterie, et précise qu'en cas de température anormale, la puissance de recharge réelle peut être réduite pour préserver les cellules.
Reste le coût énergétique de l'opération. Une charge complète tire environ 2300 Wh au compteur, pour 1725 Wh restitués au mieux sur la sortie 230 V. Le rendement aller-retour tourne donc autour de 75 %, ce qui est dans la moyenne du marché mais mérite d'être connu quand on calcule un coût d'usage.
Les 1800 W solaires, qui n'en sont pas
C'est l'argument le plus mis en avant, et celui qui demande le plus de précautions. La DJI Power 2000 est annoncée avec 1800 W d'entrée. Ce chiffre existe, mais il ne correspond pas à ce que la plupart des acheteurs imaginent.
Les 1800 W sont ceux du chargeur super rapide vendu en accessoire, et ils additionnent deux sources différentes : 1200 W arrivant de panneaux solaires par un connecteur MC4, et 600 W arrivant de la batterie du véhicule par un connecteur XT90. En solaire seul, le plafond est donc de 1200 W, et il faut déjà posséder l'accessoire.
| Accessoire | Entrée solaire | Prix constaté |
|---|---|---|
| Câble allume-cigare vers SDC | 100 W | environ 20 € |
| Module adaptateur MPPT | 400 W | 60 € |
| Chargeur super rapide 1,8 kW | 1200 W, plus 600 W depuis le véhicule | 299 € |
| Panneau 200 W du constructeur | à ajouter | 249 € |
Deux règles de montage complètent le tableau, et elles sont impératives : on peut brancher jusqu'à trois panneaux en parallèle, jamais en série, et les panneaux ne doivent pas être de types différents. Quand plusieurs sources sont branchées en même temps, le solaire est prioritaire par défaut, ce qui est le bon réglage.
Enfin, un ordre de grandeur utile pour dimensionner : un panneau nomade de 200 W délivre en pratique des pics autour de 180 W et une moyenne bien plus basse dès que la lumière faiblit. Avec un seul panneau, remplir 2048 Wh au soleil se compte en jours, pas en heures.
22 528 Wh, et le calcul qu'il faut faire avant
L'autre grand argument de la fiche produit est l'extensibilité : jusqu'à 22 528 Wh. Le chiffre est exact. Il correspond à la station et à dix batteries d'extension de 2048 Wh chacune.
Le calcul est vite fait, et il change la perspective. La batterie d'extension se paie environ 923 €, quand la station complète en vaut 899 €.
| Configuration | Capacité | Prix |
|---|---|---|
| Station seule | 2048 Wh | 899 € |
| Station et une batterie d'extension | 4096 Wh | 1822 € |
| Deux stations | 4096 Wh | 1798 € |
| Station et dix batteries | 22 528 Wh | plus de 10 000 € |
Le constat est net : doubler la capacité par l'extension revient plus cher que d'acheter une seconde station, laquelle apporterait en prime un second onduleur de 3000 W, quatre prises supplémentaires et un écran. L'extension ne se justifie que si l'on veut une réserve unique pilotée d'un seul point, avec un seul onduleur, ce qui reste un cas d'usage réel mais précis.
Sur le principe de fonctionnement, rien à redire : la batterie d'extension se branche à la station, et c'est la station que l'on met ensuite en charge. L'ensemble se met à jour d'un bloc, accessoires compris.
Secours : 10 ms annoncés, mais une ASI « basique »
La bascule sur batterie est annoncée à 10 millisecondes, ce qui est excellent sur le papier et place la DJI Power 2000 au niveau des meilleures stations du marché. Le constructeur nuance pourtant lui-même ce chiffre, et de trois façons.
Deux autres réserves figurent au même endroit, et elles sont d'ordre réglementaire. « Cette fonction ne fonctionne pas dans certaines régions », d'une part. Et d'autre part, en raison des lois et réglementations locales de certains pays, « la puissance de sortie réelle de la station peut être réduite en mode ASI ».
Pour un usage courant, cela reste largement suffisant : une box internet, un ordinateur de bureau, un téléviseur ou un réfrigérateur ne verront pas passer les 10 millisecondes. Pour un serveur, un NAS ou du matériel médical, il faut un onduleur en ligne, et le constructeur le dit sans détour, ce qui est à porter à son crédit.
Reliée au réseau, elle ne délivre plus que 800 W
La DJI Power 2000 sait se comporter en petit système de stockage domestique : reliée au compteur, elle stocke l'électricité aux heures creuses et alimente la maison aux heures pleines. C'est une fonction rare à ce prix, et c'est aussi celle qui impose le bridage le plus spectaculaire.
| Mode | Sortie | Charge |
|---|---|---|
| Usage normal | 3000 W, crête 3600 W | 2200 W |
| Relié au réseau électrique | 800 W | 2200 W |
| Relié au réseau, avec secours | 1200 W au total sur la sortie 230 V | 2200 W |
Une station de 3000 W ramenée à 800 W : l'écart est saisissant, mais il n'a rien d'arbitraire. Il correspond au plafond que la plupart des pays européens imposent aux petites installations injectant sur le réseau sans démarche lourde. Ce n'est pas un défaut de l'appareil, c'est le cadre réglementaire, et il vaut pour toutes les stations qui proposent cette fonction.
Le mode lié au réseau demande par ailleurs un vrai chantier : une installation solaire, un compteur communicant compatible, une demande de raccordement conforme aux règles locales, et une pose par un électricien qualifié. Le constructeur précise que les fonctions liées au réseau ne sont prises en charge que dans certains pays.
Dernier point de bon sens, écrit par le constructeur : quand on débranche la station pour partir en extérieur ou en véhicule, mieux vaut désactiver les réglages d'optimisation de l'énergie, faute de quoi la puissance de sortie peut rester instable.
La sortie qui se coupe seule, et le geste qui l'empêche
Voici le piège le plus susceptible de gâcher un week-end, et il se règle en deux secondes quand on le connaît.
La sortie 230 V s'éteint automatiquement au bout de 30 minutes si la station n'alimente aucun appareil, et la station entière s'éteint au bout de 60 minutes sans entrée ni sortie. Sur le papier, c'est une excellente idée : cela évite qu'un appareil oublié allumé se vide par ses 14 W de veille.
En pratique, c'est un problème pour tout appareil à fonctionnement intermittent. Un réfrigérateur dont le compresseur s'arrête entre deux cycles ne consomme rien pendant de longues minutes. Si la coupure tombe pendant une de ces pauses, on retrouve la glacière tiède.
Une précision qui rassure, tant elle surprend à la première utilisation : le constructeur signale qu'une légère odeur peut se dégager lors d'une forte sollicitation, en raison du revêtement étanche des composants internes, et qu'elle se dissipe naturellement.
Quatorze sorties, dont deux qui ne tiennent pas leurs 140 W
Avec quatorze sorties, la DJI Power 2000 est l'une des stations les mieux dotées de sa catégorie. Un détail mérite toutefois d'être lu de près.
| Sortie | Détail |
|---|---|
| Prises 230 V | 4, onde sinusoïdale pure, 3000 W au total |
| USB-C | 4 ports, mais deux à 140 W et deux à 65 W |
| USB-A | 4 ports, 24 W chacun |
| SDC | 2 ports, 9 à 28 V, 12 A au maximum |
| Sortie 12 V | uniquement par câble SDC vendu à part, 13,6 V et 10 A |
Les quatre USB-C ne sont pas identiques. Deux montent bien à 140 W, de quoi alimenter un ordinateur portable exigeant, mais les deux autres plafonnent à 65 W. Le marquage figure sur la façade, encore faut-il le regarder avant de brancher.
Il n'y a pas non plus de prise allume-cigare intégrée. Le 12 V passe obligatoirement par un câble SDC vendu séparément, qui délivre 13,6 V sous 10 A. Pour un usage en van ou en camping-car, où le 12 V est la norme, c'est un accessoire à budgéter dès l'achat.
Les deux ports SDC sont en revanche la vraie signature de cette station. Ils acceptent des câbles dédiés qui rechargent directement les batteries des drones du constructeur, des gammes Mavic, Air, Inspire et Matrice, à des vitesses qu'aucune prise secteur ne permet. Si vous volez, c'est l'argument qui justifie à lui seul le choix de cette marque ; si vous ne volez pas, ces deux ports serviront surtout de porte d'entrée pour la recharge solaire et l'extension de capacité.
Deux réserves pour finir, mineures mais réelles. Les ports USB et SDC ne disposent d'aucun capot, ce qui laisse la poussière et les projections d'eau y accéder librement, un manque sensible pour un appareil destiné au plein air. Et sur Android, l'application ne s'installe pas depuis le magasin d'applications habituel : il faut télécharger un fichier APK depuis le site du constructeur, une manipulation que tout le monde n'a pas envie de faire.
Le bruit, et pourquoi les 29 dB annoncés sont vrais
Le constructeur met en avant 29 dB. Le chiffre est exact, mais il ne vaut que pour un cas précis, et l'écart avec les autres situations est important.
| Situation | Niveau |
|---|---|
| Sorties continues et USB seulement | silencieuse |
| Charge en mode standard | 29 dB annoncés, se fond dans le bruit ambiant |
| Charge rapide à 2300 W | jusqu'à 45 dB(A) |
| Sortie à pleine puissance, 3000 W | jusqu'à 50 dB(A) au bout d'un quart d'heure |
Ces valeurs ne se comparent pas entre elles, puisqu'elles correspondent à des sollicitations très différentes. Ce qu'elles disent, en revanche, est net : la station est discrète quand on la ménage et franchement audible quand on la pousse.
La bonne nouvelle est que le mode standard, celui que le constructeur recommande pour la longévité de la batterie, est aussi celui qui permet de la laisser charger dans une chambre ou une cellule de camping-car sans y penser. La montée en bruit à pleine sortie n'est pas immédiate non plus : elle apparaît après une quinzaine de minutes, le temps que la ventilation évacue la chaleur accumulée.
À titre de repère, la plage de fonctionnement va de -10 à 45 °C, et la recharge n'est possible qu'entre 0 et 45 °C. Pour la conservation, le constructeur demande de stocker la station à environ 60 % de charge, et de lui faire faire un cycle complet tous les six mois : la descendre sous 15 %, l'éteindre plus de deux heures, puis la remonter à 100 % en mode standard.
Face aux 2 kWh, et selon le pays où on l'achète
Dans son segment, la DJI Power 2000 occupe une position singulière : elle est la seule station de 2048 Wh à délivrer 3000 W pour moins de 1000 €. Voici où elle se situe, aux prix constatés à la mi-août 2026.
| Critère | DJI Power 2000 | EcoFlow Delta 3 Max Plus | Fossibot F2400 |
|---|---|---|---|
| Prix constaté | 899 € | ≈ 1430 € | ≈ 730 € |
| Capacité | 2048 Wh | 2048 Wh | 2048 Wh |
| Puissance | 3000 W | 3000 W | 2400 W |
| Prises 230 V | 4 | 4 | 3 |
| Cycles | 4000 | 4000 | 3500 |
| Extensible | oui, 22 528 Wh | oui | non |
| Bascule en secours | 10 ms | 10 ms | 10 ms |
| Poids | 22 kg | 22,1 kg | 22 kg |
Le verdict de ce tableau est sans appel : à prestations quasi identiques, la DJI se paie environ 530 € de moins que sa rivale directe. Face à la Fossibot, elle demande 170 € de plus, mais apporte 600 W de puissance supplémentaire, une prise de plus, 500 cycles de plus et l'extensibilité.
Reste une variable dont on parle rarement, et qui pèse ici très lourd : le prix de cette station varie de plus de 250 € selon le pays où on l'achète, à modèle strictement identique.
| Pays | À partir de |
|---|---|
| Allemagne | 868 € |
| France | 899 € |
| Autriche | 1002 € |
| Italie | 1099 € |
| Espagne | 1099 € |
| Royaume-Uni | 1122 € |
À 1099 €, le raisonnement change du tout au tout : la station reste moins chère que la Delta 3 Max Plus, mais l'écart avec la Fossibot passe de 170 à 370 €, et la question de la puissance nécessaire mérite alors d'être posée sérieusement.
À qui elle convient, et à qui elle ne convient pas
La DJI Power 2000 est une très bonne machine vendue à un prix agressif, dont les défauts tiennent moins à sa conception qu'à la façon dont elle est présentée. Toutes ses limites sont écrites dans sa documentation, aucune ne figure sur sa fiche produit.
Elle convient très bien à qui cherche 3000 W sans y mettre 1500 €, ce qui est aujourd'hui son terrain réservé. Elle convient au chantier et à l'atelier, où ses 3600 W de crête démarrent des outils qu'une station de 2400 W refuserait. Elle convient au van et au camping-car, à condition de budgéter le câble 12 V. Elle convient au secours domestique, avec sa bascule de 10 ms et surtout sa programmation des heures creuses, qui la rentabilise toute l'année et pas seulement les jours de coupure. Elle convient enfin, et évidemment, à qui vole en drone : les deux ports SDC changent la vie sur le terrain et n'ont pas d'équivalent chez la concurrence.
Elle convient mal à qui veut faire durer une petite consommation sur plusieurs jours : ses 14 W de veille lui coûtent trop cher sur ce terrain, et une station plus modeste s'en tirera mieux. Elle convient mal à qui achète en pensant aux 1800 W solaires, qui n'existent qu'en additionnant panneaux et véhicule, avec un chargeur à 299 €. Elle convient mal à qui vise les 22 528 Wh, tant l'extension se paie cher au regard d'une simple seconde station. Elle convient mal à la protection d'un serveur ou de matériel médical, le constructeur le dit lui-même. Et elle convient mal, enfin, à un achat en Italie ou en Espagne au prix courant, où ses 200 € de surcoût rebattent les cartes.
Reste l'essentiel. Aucune autre station ne propose aujourd'hui 2048 Wh, 3000 W, 4000 cycles et 22 kg pour 899 €, et sa documentation est l'une des rares à énoncer ses propres limites au lieu de les taire. C'est un très bon achat pour qui sait ce qu'il achète, et une source de déceptions pour qui s'arrête aux arguments de la boîte.




