Ce que contiennent vraiment les 20 000 mAh
Le boîtier affiche 20 000 mAh, mais le pack n'a pas cette capacité au sens courant. Il associe quatre cellules cylindriques 21700 de 5,0 Ah montées en série : 4 × 3,6 V donnent 14,4 V, et 14,4 V × 5 Ah donnent 72 Wh. Le chiffre de 20 000 mAh additionne simplement les quatre cellules (4 × 5 000 mAh), une convention de comptage à 3,6 V que la plupart des marques utilisent aussi, et qui ne dit rien de l'énergie disponible à la sortie USB. La fiche technique d'Ugreen distingue d'ailleurs la capacité totale des cellules, 20 000 mAh, de celle de l'accumulateur, 5 000 mAh en quatre cellules en série.
Ugreen publie aussi sa propre capacité de sortie, palier de tension par palier : 11 000 mAh sous 5 V, soit 55 Wh, et 3 000 mAh sous 20 V, soit 60 Wh, avec des valeurs de 51 à 61,5 Wh pour les paliers intermédiaires. Même sur le papier, l'énergie qui quitte le port se situe donc entre 51 et 61,5 Wh, pas à 72 Wh.
Ce qu'il reste à la sortie : 55 à 65 Wh
L'énergie qui sort réellement du port dépend de la puissance demandée. Sous une charge faible, à 5 ou 9 V, le pack restitue 62 à 65 Wh ; à 20 V, il passe de 61 Wh sous 20 W à 54,8 Wh sous 100 W. Tout se joue dans les pertes de conversion : plus la tension et le courant montent, plus la part perdue en chaleur grandit.
Les autres chiffres restent dans la même fourchette : environ 60 Wh en déchargeant à 50 W sur USB-C comme à 15 W sur USB-A, et environ 56 Wh dans une autre décharge. Une batterie externe restitue en général 80 à 90 % de son énergie nominale ; ce pack s'y tient jusqu'à 60 W, et passe nettement dessous seulement à pleine puissance.
Ramenés à 60 Wh, les usages annoncés par Ugreen, calculés sur 72 Wh, perdent un sixième : un peu plus de 3 recharges d'un iPhone 15 au lieu de 4, 2,5 d'un Galaxy S24 Ultra au lieu de 3, 1,7 d'un iPad Pro 11 pouces au lieu de 2, et environ 1,1 d'un MacBook Air 13 pouces au lieu de 1,3. Un MacBook Air ne se recharge donc qu'une fois, à peine, avant que la batterie soit à plat.
100 W sur le papier, 45 à 65 W quand le boîtier chauffe
Le port USB-C 1 négocie jusqu'à 20 V et 5 A, soit 100 W, en Power Delivery 3.0 avec un PPS qui couvre 3,3 à 21 V. Les premières minutes tiennent la promesse : des ordinateurs portables réclament 100 W dès le branchement. Mais le boîtier ne maintient pas ce niveau jusqu'à la fin de la décharge.
| Situation | Départ | Puissance ensuite | À quel moment |
|---|---|---|---|
| Charge électronique constante, 20 V et 5 A | 100 W | 65 W | quand il reste 34 % de charge, après environ 22 min |
| Ordinateurs portables réels (deux modèles) | 100 W | 45 W jusqu'à la fin | après 18 min, avec 50 % de charge restante |
Dans les deux situations, la sortie tient 100 W pendant 18 à 22 minutes, soit 30 à 36 Wh, un peu plus de la moitié de l'énergie utile, puis passe à un palier inférieur. Le palier lui-même diffère, 65 W sous charge constante et 45 W avec des ordinateurs réels, ce qui tient vraisemblablement à la charge appliquée et à la température ambiante plutôt qu'à une contradiction. Un ordinateur qui n'accepte pas le palier de 45 W voit la sortie s'interrompre avec un message d'erreur, et la reprise demande un temps de refroidissement.
La cause est thermique. Ugreen donne une plage d'utilisation de 0 à 40 °C, et le mode d'emploi prévoit qu'une protection de température coupe la sortie : il faut alors débrancher tous les câbles et attendre 30 minutes. La surface du boîtier reste pourtant autour de 40 à 45 °C : la limite est vraisemblablement fixée par la température interne du pack, surveillée par une thermistance, plus que par ce que la main perçoit.
Ces gains en 30 minutes, sur le port USB-C 1, rappellent que la fenêtre de pleine puissance suffit à un usage ordinaire : le palier ne gêne ni un téléphone, ni une tablette, ni un ultraportable de 45 W ou moins.
Les 130 W : un total qui exige deux ports
Le chiffre de 130 W additionne les deux ports USB-C, 100 W et 30 W. Il ne vaut qu'avec ces deux ports, et le tableau de répartition du mode d'emploi ne laisse aucune ambiguïté.
Avec le port USB-A en plus du USB-C 1, on additionne 100 W et jusqu'à 22,5 W, de 15 W en 5 V à 22,5 W sous le protocole propriétaire SCP. Dès que les trois ports sont occupés, les ports USB-C 2 et USB-A se partagent 15 W, ce qui ramène le total à 115 W. Et si le port USB-C 1 reste libre, ces deux ports se partagent déjà 15 W : deux téléphones branchés sur USB-C 2 et USB-A ne reçoivent que 15 W à eux deux, une charge lente.
La conséquence pratique est simple : l'ordinateur sur le port USB-C 1, le téléphone sur le port USB-C 2, qui monte à 30 W, et le port USB-A réservé à un accessoire peu gourmand, écouteurs, montre ou liseuse. Un Galaxy S24 Ultra n'atteint sa pleine vitesse que sur le port USB-C 1, dont le PPS couvre 3,3 à 21 V sous 5 A ; le PPS du port USB-C 2 s'arrête à 11 V sous 3 A. La répartition est fixe : aucun réglage ne permet de donner la priorité à un port.
Le mode d'emploi ne mentionne pas de recharge pendant l'alimentation d'un appareil, le pass-through. Le port USB-C 1 sert à la fois d'entrée et de sortie à 100 W : mieux vaut ne pas compter sur un branchement permanent sur secteur.
Se recharger : 65 W au mieux, 1 h 45 à 2 h 40
La batterie ne se recharge que par le port USB-C 1, repéré IN/OUT 1, jusqu'à 65 W (20 V, 3,25 A). Ugreen annonce environ 2 heures avec un chargeur PD de 65 W. Le chargeur n'est pas fourni, seulement un câble USB-C court d'environ 50 cm. Branchée sur un chargeur de 100 ou de 140 W, elle n'ira pas plus vite : l'entrée est plafonnée à 65 W.
Comme la sortie, l'entrée ne tient pas son maximum. La charge démarre vers 62 W, retombe à 25-45 W au bout de 10 à 30 minutes, remonte parfois à 65 W, puis redescend. Le même mécanisme thermique que celui de la sortie explique cette baisse. D'une configuration à l'autre, une recharge complète demande de 1 h 45 à environ 2 h 40, la moyenne se situant autour de 2 heures. Avec un chargeur de téléphone de 20 W, il faut compter plusieurs heures.
Pour un usage de voyage, mieux vaut la brancher la veille : la baisse de puissance en cours de charge rend les compléments de dernière minute peu efficaces.
L'écran TFT : son meilleur argument
La face avant est occupée par un écran couleur TFT. Il affiche le niveau de charge en grand, le temps restant en décharge comme en charge, la puissance de chacun des trois ports, puis la tension et le courant après un appui, avec une courbe de puissance. En veille, un petit visage animé reflète l'état de charge, et une icône en haut à gauche signale le mode faible courant.
Cet écran fait ce que ne font pas de simples voyants : repérer un câble qui bride la charge, vérifier qu'un ordinateur reçoit bien 100 W, voir à quel moment la sortie retombe à 65 ou 45 W. C'est l'outil qui rend visibles toutes les limites décrites plus haut.
Ses limites tiennent à la luminosité et à ce qu'il ne dit pas. Il est peu lumineux, presque illisible en plein soleil, et se couvre d'empreintes. Il n'affiche ni nombre de cycles ni état de santé de la batterie, que l'Anker Prime 20000 du catalogue indique.
Les commandes tiennent en un bouton latéral : un clic allume, deux clics éteignent l'écran, un appui de 3 secondes active le mode faible courant, pensé pour les montres et les écouteurs, qui se coupe seul après 3 h 30, et un appui de 6 secondes éteint le boîtier. La batterie s'arrête d'elle-même 3 minutes après le débranchement du dernier appareil.
476 g et 5 cm d'épaisseur : une batterie de sac
Le boîtier fait 131 × 54 × 50,8 mm pour 476 g. Le format colonne tient debout sur un bureau et occupe peu de surface, environ 27 cm², mais 5 cm d'épaisseur interdisent la poche. Le poids vient pour l'essentiel des cellules : quatre cellules de 69 g pèsent 276 g, soit 58 % du total, et il y a peu à gagner sans retirer de capacité.
Dans la boîte, un câble USB-C court et une pochette de transport. Les 72 Wh restent sous la limite de 100 Wh qui permet l'embarquement en cabine sans autorisation préalable, jamais en soute. Plusieurs compagnies limitent désormais le nombre de batteries par passager et interdisent leur usage en vol : la règle de la compagnie prime, à vérifier avant le départ.
Face à la Nexode 145W, à la Nexode 100W et à l'Anker 737
Dans le catalogue, trois références se placent autour de cette Nexode. La Nexode 20000 145W embarque un câble USB-C intégré et se recharge à 80 W. La Nexode 100W est plate et plus légère. L'Anker 737 offre une réserve plus grande et une recharge en une heure, pour 154 g de plus.
| Critère | Nexode 20000 130W | Nexode 20000 145W | Nexode 100W | Anker 737 |
|---|---|---|---|---|
| Énergie du pack | 72 Wh | 72 Wh | 72 Wh | 86,4 Wh |
| Port principal | 100 W | 100 W (câble intégré) | 100 W | 140 W |
| Total annoncé | 130 W (deux ports) | 145 W | 100 W | 140 W |
| Écran | TFT couleur, puissance par port | LED | LED | LCD |
| Recharge de la batterie | 65 W (≈ 2 h) | 80 W (≈ 1 h 30) | 65 W | 140 W (≈ 1 h) |
| Poids | 476 g | 450 g | 420 g | 630 g |
| Format | colonne, 131 × 54 × 51 mm | plat, 139 × 80 × 27 mm | plat, 139 × 80 × 26,5 mm | colonne, 156 × 55 × 50 mm |
La Nexode 130W se distingue par son écran, pas par ses chiffres bruts : la 145W la dépasse par la recharge et le câble intégré, la 100W par la légèreté, l'Anker 737 par la puissance soutenue et la rapidité de recharge. Elle devient le bon choix quand on veut voir en direct ce que chaque port reçoit, et que l'on accepte un format en colonne de 5 cm d'épaisseur.
Intérieur, protections et durée de vie
L'intérieur est plus soigné que ne le laisse supposer un boîtier en plastique. Le pack repose sur quatre cellules 21700 de 5,0 Ah (BAK N21700CG-50 sur les premiers lots), reliées par un connecteur à une carte de puissance séparée. Cette carte comprend une protection prévue pour quatre cellules en série avec équilibrage, une thermistance sur le pack, un convertisseur abaisseur-élévateur bidirectionnel, des tampons thermiques, un dissipateur soudé et de larges feuilles de graphite autour des cellules.
Ugreen annonce treize niveaux de protection, une surveillance de température 200 fois par seconde et plus de 80 % de capacité conservée après 1 000 cycles. La fiche de la cellule retenue donne 800 cycles : l'écart ne se tranche pas sans connaître le critère de fin de vie utilisé de part et d'autre, et l'endurance réelle dépendra surtout de l'usage et de la chaleur.
Les conditions d'usage sont à respecter : 0 à 40 °C en fonctionnement, 0 à 50 °C en stockage. Une voiture au soleil sort de cette plage, et la batterie refuse alors de charger ou de décharger jusqu'à son refroidissement. La garantie est de 2 ans, et aucun rappel ne vise cette référence à la date de rédaction.
Quelle référence acheter, et à quel prix
La référence décrite ici est la Ugreen Nexode Power Bank 20000mAh 130W, code PB721, article 35524, que certains distributeurs listent sous 35524B : mêmes caractéristiques, simple variante de référencement. Elle ne doit pas être confondue avec la déclinaison à câble USB-C intégré, code PB723, article 55365, qui remplace un port USB-C par un câble tressé et pèse 520 g. La gamme compte aussi des modèles de 12 000 mAh et 100 W, de 25 000 mAh et 200 W, et la Nexode 20000 145W : à vérifier sur la boîte avant l'achat.
Au tarif catalogue de 63,99 €, les 60 Wh restitués reviennent à environ 1,07 € le Wh. C'est un prix cohérent pour un pack de 72 Wh à écran couleur, sans être le moins cher de la catégorie : la Nexode 100W et la 145W du catalogue se trouvent à un prix voisin, avec un format plat.
À qui elle s'adresse, et à qui elle ne convient pas
Elle s'adresse à qui recharge un ordinateur portable de 45 à 65 W, un téléphone et des écouteurs en déplacement, et qui veut voir sur l'écran ce que reçoit chaque appareil. Les 72 Wh, sous le seuil de cabine, en font une réserve de voyage sensée, à condition de la brancher la veille sur un chargeur de 65 W.
Elle convient moins à qui compte alimenter un portable de 100 W pendant toute une charge, ou trois appareils exigeants à la fois : les limites décrites plus haut y deviennent concrètes. Elle ne convient pas non plus à qui cherche une batterie de poche, à qui veut une recharge en une heure, ou à qui exige une recharge pendant l'usage garantie par le constructeur.




